Chambre de Métiers et de l’Artisanat 2017

Didier Massy : “Vouloir apprendre et vouloir transmettre”

« Beaucoup de Chefs d’Entreprises ont perdu la mémoire en oubliant qu’eux aussi ont appris de quelqu’un ce qu’ils font de mieux. » C’est par ces mots forts que Didier Massy (au centre face à Céline Dumerc sur la photo) explique pourquoi lui, il tient ses engagements depuis une dizaine d’années dans son entreprise spécialisée dans la charpente et le bois en prenant des apprentis, en les formant, et la plupart du temps aussi, en les embauchant à l’issue de leur cursus chez lui.
Rencontre…

Quarante années d’histoire dans le métier, une entreprise familiale à faire durer et prospérer avec toutes les mutations du travail à la clef… voilà le chantier permanent de Didier Massy. Autant dire que ce dirigeant en responsabilité a dû se poser les bonnes questions et trouver les bonnes réponses. “Et face au vieillissement des salariés, il m’a fallu anticiper la relève. J’ai alors fait le pari vertueux de l’apprentissage. Je me suis rapproché de la chambre consulaire et j’ai mené aussi des démarches vers les lycées professionnels du bois, de Saint-Paul les Dax et de Morcenx. Dans les deux cas j’ai noué des relations constructives avec le corps enseignants pour accueillir des apprentis au cursus qualifié dans ma branche et à l’esprit de bâtisseurs comme on les aime dans mon secteur” affirme Didier. Des élèves titulaires d’un BEP, d’un CAP, Bac PRO, ont ainsi atteint chez lui des niveaux de licences, de maîtrises aussi parfois. Mieux encore, ils travaillent aujourd’hui dans son entreprise, sont salariés et on pu construire une vie de famille! “J’en suis fier et heureux bien sûr. Quand ils arrivent ces jeunes, je leur dis : Je ne vous demande qu’une chose; c’est d’avoir envie d’apprendre, et d’avoir la volonté pour réussir. On est là pour vous accompagner.” Ces mots puissants et sincères à chaque fois prononcés à l’endroit de ces apprentis âgés de 18 ans au moins compte tenu des obligations du métier, Didier Massy les a aussi partagé avec ses chefs d’équipes: “Occupez vous en bien. Ce sont peut-être ces jeunes qui, demain, feront tourner l’entreprise et paieront vos retraites!” Et de poursuivre encore : « Depuis mes chefs d’équipe sont les meilleurs maîtres d’apprentissage pour les apprentis.” Les choses bien expliquées sont faites pour être bien comprises alors Didier? « C’est tout à fait ça !” répond l’entrepreneur landais.

Les Compagnons du Tour de France en exemple
Imaginez de jeunes apprentis volontaires, en stage chez Didier Massy. Ils y sont accompagnés par des chefs d’équipes concernés et consciencieux, un patron attentif et protecteur des engagements réciproques entre les uns et les autres, et en plus, ils y croisent régulièrement des Compagnons du Tour de France! “Bien sûr que c’est fédérateur et mobilisateur pour les apprentis. Bien sûr que de partager le quotidien avec des personnes qui savent transmettre leur passion pour les choses bien faîtes est valorisant ! Il n’y a pas de secret. On parle souvent du sport comme l’école de la vie, ce qui est vrai, mais je crois que l’apprentissage pourrait bénéficier de ce statut également. C’est là que le jeune apprend de l’autre et se forge une idée, une vision du travail. C’est aussi là que le cercle vertueux entre le savoir-faire des uns et le vouloir apprendre des autres se met en place. Et dans l’entreprise, il n y a que peu de place pour la philosophie, c’est le concret, le réel, la performance visible et repérable qui fait foi, le travail rendu en somme. Combien de fois ai-je pris du temps, après une journée de travail en allant dans la pièce que j’ai réservée pour les Compagnons du Tour de France ! Combien de fois me suis je laissé fasciné par les chefs d’oeuvres que ces jeunes devaient réaliser pour obtenir leur grade ? Bref, de la jeunesse on apprend toujours.”

Former, c’est aussi respecter…
“Si j’ai gardé dans mon entreprise bon nombre des apprentis venus en stage c’est bien sûr car ils ont démontré des qualités certaines à la tâche. C’est aussi bien sûr parce qu’ils avaient le talent et la volonté pour y parvenir. Mais ce que je voudrais dire, c’est que certains d’entre eux, bien des années plus tard, se rappellent encore quand je les amenais dans ma voiture jusqu’au chantier fini pour qu’ils constatent comment ils avaient été un maillon essentiel de la chaîne de la réussite. Ils le savent tous aujourd’hui, ce n’est qu’ensemble que l’on réussit. Ce qu’ils savent ils sauront à leur tour le transmettre, et voilà pourquoi l’apprentissage est une passerelle obligatoire pour qu’existe encore demain, les savoir-faire d’hier et d’aujourd’hui.”
Merci Didier Massy, pour le respect qui est le vôtre de ces vies en construction.

Crédit photo :DR
Journal Sportsland Landes n°203 du 3 avril 2017

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