Athétisme – Aire sur Adour : Mathilde Larribau

Un diamant brut dans l’athlétisme !

Il y a des gens comme ça, chez qui le talent est inné. Nous en avons tous autour de nous dont on se demande ce qu’ils auraient pu devenir si on les avait repérés et aiguillés. Mathilde Larribau est de ceux-là. Dynamique, déterminée, naturellement douée, elle a eu qui plus est la chance qu’un professeur de sport ait su voir en elle un potentiel exceptionnel. Sportsland est heureux de vous présenter un enseignant comblé et une jeune athlète pleine d’avenir.

Un détour par l’Adour
Oubliez tout d’abord le temps où « AAA » désignait la notation financière des États ! Désormais cette note d’excellence voudra dire « Avenir Athlétique Aturin » et en particulier la section du collège-lycée Gaston Crampe qui lui est rattachée. En effet, après quelques années d’existence, ce club entraîné par Pierre-Jean Maillot, dit « PJ », a déjà envoyé plusieurs athlètes aux championnats de France: « Regardez le Facebook du club, on y poste des vidéos de temps en temps qui montrent sa dynamique. Je suis arrivé il y a dix ans, j’ai commencé à m’occuper du sprint et suis parvenu à monter une section au sein de l’établissement scolaire où je travaille. Les résultats ont déjà été très encourageants et Aire-sur-l’Adour a su se faire un nom dans l’athlétisme français. Il y une vraie énergie, une recherche de la performance et aussi une très bonne mentalité qui alimentent au quotidien mon amour pour ce sport » s’enthousiasme Pierre-Jean. Et aujourd’hui, c’est surtout le lieu d’entraînement de Mathilde…

En 2 essais, le meilleur temps français de l’année
Pierre-Jean est inarrêtable à son sujet : « Mathilde fait du basket à Monségur avec ma fille, et son niveau est déjà exceptionnel. Elles n’ont pas perdu un match de l’année et Mathilde devrait jouer l’an prochain en Nationale 1 avec Orthez ». Avec des enseignants de Hagetmau, il remarque pourtant sa 1ère course sur 200 mètres haies : « Pour son premier essai, sans s’être jamais préparée, elle a fait l’une des 20 meilleures performances de sa catégorie. À sa 2ème course, elle a établi le 2ème meilleur temps français de l’année, c’est tout simplement exceptionnel ! » Pierre-Jean propose alors à Mathilde de s’essayer à l’athlétisme sans pour autant abandonner le basket qu’elle aime énormément. En plus de sa scolarité qu’elle suit sans encombres et de ses deux entraînements hebdomadaires de basket, la jeune sportive s’est donc mise à fréquenter l’AAA deux fois par semaine et les résultats ont été fulgurants : Membre de l’équipe de France et vice-championne de France, ces belles performances lui ont valu de participer au FOJE d’été à Győr (en Hongrie) en juillet de cette année, sur le 400m haies. Il s’agit du « Festival Olympique de la Jeunesse Européenne », autrement dit l’équivalent des Jeux Olympiques pour les athlètes âgés de 14 à 18 ans, une véritable plate-forme de lancement pour les futures stars du sport. Elle était la seule Française qualifiée dans cette discipline mais a hélas accroché une haie en demi-finale qui l’a privée de médaille.

« Un phénomène ! »
« Tout est phénoménal chez Mathilde », poursuit Pierre-Jean, « elle a un tempérament de feu qui lui permet d’arracher une place jusque sur la ligne. Ses performances lui ont valu de suivre un stage cette année auquel j’étais convié, auprès du Directeur Technique National. Devant un parterre de jeunes champions, il a évoqué les nombreux efforts qu’ils avaient dû fournir pour en arriver là… Mathilde s’est retournée vers moi interloquée : elle avait gagné sa médaille d’argent quasiment sans s’entraîner !! » Il est à parier qu’elle est d’ailleurs sans doute la seule athlète à avoir préparé ses championnats… en castrant du maïs !  » Ça libère la tête, fait baisser la pression et puis ça n’est pas très dur, ça va! » s’étonne la championne avec candeur. Lorsqu’on la questionne sur ses performances, l’athlète garde bien les pieds sur terre : « Je me souviens de ma première course : c’était moche, pas du tout calé, pas beau à regarder. Je sais que pour progresser, je vais devoir beaucoup travailler. Suite à ma contre-performance en Hongrie, j’ai d’ailleurs à cœur de retrouver l’équipe de France ». Quant à ses qualités, elle admet avoir un « assez gros mental » qui l’aide à faire face à l’adversité quel que soit le type de compétition. Il lui semble d’ailleurs plutôt difficile d’accepter une défaite et se considère avec humour comme ayant un « très fort caractère… »

Beau dilemme en perspective…
Les parents de Mathilde sont tous les deux d’anciens joueurs de basket de très bon niveau et Mathilde reconnaît : « Mes plus beaux souvenirs, je les dois au basket. J’en fais depuis longtemps. Je dois même vous avouer que je ne connais rien à l’athlétisme, je n’ai pas de sportifs qui me servent de modèles par exemple. Cela dit, cette année j’ai tout de même regardé les championnats du monde à la télévision ». Le plus important pour elle est de se faire plaisir, de « connaître de nouveau l’adrénaline de la compétition même s’il faut en passer par un nombre important d’entraînements difficiles, à une cadence élevée ». Cette championne née se sait bien entourée par sa famille, ses amis, son entraîneur (qu’elle tient à remercier !) mais devra pourtant choisir un jour entre le basket ou l’athlétisme de haut niveau. Également douée pour l’un comme pour l’autre, Mathilde se contente pour l’instant de confirmer que ce choix sera difficile…

Pour l’heure, comme le dit avec enthousiasme son entraîneur : « On a la chance de pouvoir vivre son histoire » et cette histoire ne fait que commencer puisque Mathilde n’a que 15 ans !

Crédit photo : DR /
Journal Sportsland Landes n°211 du 28 août 2017

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