Connaître et Reconnaître – Le bénévole, Jean Ferrer

« Pépito » le fondateur

Le Tour de France est terminé mais dans de nombreuses communes des Landes, le plaisir de la petite Reine peut se poursuivre chaque semaine dans les associations. Et derrière chacune d’elles se trouvent toujours un ou plusieurs passionnés qui ont su faire partager leur amour du sport et parfois même une philosophie de vie. À Saint-Jean-d’Août (quartier de Mont-de-Marsan) l’histoire du club de cyclotourisme est indissociablement liée à celle de Jean Ferrer, dit « Pépito », qui en a été l’un des fondateurs et le président pendant 27 ans, avant de passer la main cette année. Natif du Gers mais arrivé dans les Landes à l’âge de deux ans, ce chef d’entreprise retraité se souvient de tous ces moments qui ont permis à son club de voir le jour et d’accueillir désormais de nombreux pratiquants dans de bonnes conditions.

5 au départ, 60 aujourd’hui
« Ma carrière de coureur cycliste n’a pas été longue à cause d’un accident, se souvient Jean Ferrer. En 1989 avec des anciens du Stade Montois : Yves Leglise, Jean-Pierre Labarbe, Robert Duboua et Robert Cescutti, nous avons décidé de ralentir un peu le rythme de nos sorties et de créer une association cyclotouriste. Assez vite, nous avons été 10 puis 15 jusqu’à atteindre 60 pratiquants aujourd’hui. » L’association prend simplement le nom du quartier dans lequel elle évolue et devient le club cyclo de Saint-Jean-d’Août. L’idée est de continuer à faire du sport, mais à allure réduite, avec surtout une volonté affichée de privilégier la bonne humeur aux performances sportives : « On voulait surtout un esprit de camaraderie, de franche rigolade et ça a marché ! Le vélo est un sport qui rend heureux tant qu’il n’est pas contaminé par la « championnite. » Désormais, la mécanique est bien huilée et le club propose trois parcours hebdomadaires, les mercredis et dimanches matins, à allure réduite, de 50 à 120 kms selon les niveaux. Mais tout ne s’est pas fait en un jour et s’il a fallu des jambes pour monter les côtes chalossaises, il a également fallu de la sueur pour structurer l’association.

Un véritable esprit d’équipe
S’il est un symbole qui semble bien définir ce club, c’est son local de la rue Pardaillan. Pendant longtemps il lui a manqué un lieu où se rassembler et la mairie n’en avait pas à proposer. Pourtant, au cours d’une réunion de quartier avec le maire de l’époque, Philippe Labeyrie, Jean Ferrer tend l’oreille : « J’entends des voisins se plaindre d’un vieux dépôt d’outils, une sorte de bourrier envahi par les rats. Je saute sur l’occasion et propose à la mairie de le remettre en état à condition qu’elle nous fournisse le matériel. La première réponse du maire est sans ambiguïté : « Non, tu m’emm… ! » Quelques jours plus tard, il me rappelait en me demandant comment je comptais m’y prendre…  »
C’est alors que des cyclos dont les noms sont encore affichés aujourd’hui sur les murs du club révèlent leurs talents de maçons, carreleurs, électriciens, charpentiers. Ils cassent tout et travaillent pendant un an à faire de ce lieu vraiment le leur ! « Le Maire nous a promis que tant que notre club aurait au minimum 7 adhérents, le local serait à nous à vie ! »
De fait, pas de risque de fringale : voilà ce lieu bien utilisé puisqu’il sert tous les vendredis soirs lorsqu’il s’agit de préparer, avec un accompagnement de tapas et de casse-croûtes, les sorties de la semaine et, pourvu d’une télévision, il sert également de point de rendez-vous à la moindre occasion : Fêtes de la Madeleine, matches de rugby et bien sûr le Tour de France !

Quelques souvenirs…
Pépito ne cache pas qu’il avait plutôt un physique à jouer au rugby mais c’est avec humour et passion qu’il évoque les cyclistes et les courses qui ont marqué sa vie : « Luis Ocaña [vainqueur du Tour de France 1973] est venu quelquefois rouler avec nous et on était contents de voir qu’on arrivait finalement à le suivre, on lui a dit une fois qu’il pouvait accélérer un peu …et en 500 mètres il avait lâché tout le monde. On a cru qu’on était arrêtés ! » Même surprise avec Manuel Manzano, coureur dans les années 60, qui était venu participer à une course après 7 ans sans toucher à un vélo, pour un anniversaire du Stade montois : « Il nous avait dit : « je vais gagner mais ce sera dur ! » on le trouvait un peu présomptueux quand, à l’amorce de la dernière côte, il a annoncé : « Bon, je m’en vais ! » et il a effectivement gagné, s’est écroulé derrière la ligne et a confirmé  » …mais ça a été dur! » Ces champions ont un coup de rein, quelque chose que les autres n’ont pas ! » Aujourd’hui, Pépito avoue prendre un peu moins de plaisir qu’avant à regarder le Tour de France et c’est surtout sur le vélo, avec ses amis, qu’il aime passer du temps. Il y a hélas « les tristesses » inévitables sur une période aussi longue, un décès sur le vélo, des chutes, mais c’est surtout les multiples randonnées dans les cols basques et même jusqu’à Bilbao, Pampelune, Saint-Malo, Paris ou encore Madrid qui lui donnent le sourire. Cette dernière destination constitue d’ailleurs son meilleur souvenir tant l’accueil dans les villages espagnols du parcours avait été sympathique.

Pour en savoir plus, goûter à la côte de Banos ou entendre de belles histoires de cyclisme, rendez-vous sur le site du club (http://www.cyclostjeandaout.fr) ou bien sûr rue Pardaillan, au local du club où vous trouverez souvent son président d’honneur Pépito !

Crédit photo : DR /
Journal Sportsland Landes n°211 du 28 août 2017

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