Judo – Peyrehorade : Evan Courties

De Peyrehorade aux Olympiades ?

Notre sportif de la quinzaine est un jeune homme fort, très fort, très très fort. À tout juste 17 ans, Evan Courties (issu du club de Peyrehorade) est le champion de France de judo en titre chez les cadets. C’est également un athlète d’une grande maturité qui sait prendre la vie avec philosophie quel que soit le sort qu’elle lui réserve. Une phrase que l’on prête à Pierre de Coubertin (le fondateur des Jeux Olympiques modernes) semble écrite pour lui: « Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre ». Portrait d’un sportif amoureux de son sport, capable d’une progression fulgurante et dont il faut retenir le nom…

Merci Nounou !
Avec 90 kg pour 1,84 m, on serait tenté de dire qu’Evan est un beau bébé. Il semble d’ailleurs que ce constat ait été partagé très tôt car s’il a découvert le judo, il se souvient que c’était à l’âge de 5 ans à peine… en voyant faire le fils de sa nounou ! Il a voulu essayer et n’a quasiment plus quitté les tatamis du pays d’Orthe depuis. Et quand on lui demande s’il n’éprouve pas de lassitude après tant d’années, on comprend vite qu’il n’en est rien : « J’aime tout dans le judo. J’éprouve de plus en plus de plaisir, en particulier lors des entraînements. Je sais que même s’il n’y avait pas de compétitions derrière, j’aimerais m’entraîner le plus dur possible. C’est vraiment un bon moment! » reconnaît-il avec passion. Ce Bayonnais de naissance, qui a également goûté au rugby avec plaisir, a trouvé en Peyrehorade une terre d’épanouissement et en Damien Piau, son premier entraîneur (devenu récemment arbitre international) un soutien très efficace. Le parcours sportif d’Evan a d’ailleurs été plus qu’honorable au cours de ces jeunes années puisqu’il devait devenir ceinture noire à tout juste 15 ans. Aboutissement pour d’autres, cette ceinture aura été pour lui un commencement…

2017 : Année de la conquête
Après des débuts prometteurs et de bonnes places en 2015 et début 2016, il semble y avoir eu comme un déclic en lui et son palmarès de ces derniers mois tient en trois syllabes : IN-VAIN-CU. Cette année, Evan a tout gagné! Le tournoi de Limoges, celui de Clermont-Ferrand, le tournoi Label Excellence de Nîmes, le tournoi de France à Cannes qui lui a ouvert les portes du groupe France et enfin le championnat de France Cadets à Ceyrat où il a conquis son titre en avril de cette année. Comment expliquer une telle réussite ? « Je ne le sais pas moi-même, confie-t-il. Lorsque je suis devenu champion de France, j’ai mis du temps à réaliser ce qui m’arrivait. C’était comme irréel: Je lisais la joie sur les visages de ma famille, de mon entraîneur, de mes proches sans trop comprendre sur le moment. Ça a d’ailleurs été vrai aussi pour mes adversaires qui ne s’attendaient probablement pas à me voir à ce niveau. Je pense vraiment qu’il n’y a pas que le physique qui joue dans une compétition : j’avais confiance en moi, j’avais gagné en maturité par rapport à l’an passé, j’avais envie et surtout j’y croyais vraiment ».

Et maintenant la cour des grands !
Les premiers pas du jeune athlète au Championnat d’Europe en Lituanie comme au Championnat du monde cadet à Santiago (Chili) cet été n’ont pas été à la hauteur de ses espérances : « C’est une vraie frustration, j’ai eu comme un blocage avoue-t-il. Lors d’une compétition internationale, tout est beau, grand, on peut facilement être avalé par l’événement. C’est ce qui fait la magie de ce sport d’ailleurs : On peut gagner ou perdre en une seconde. La tête joue beaucoup dans ces moments-là, c’est un point à travailler ». L’occasion lui en sera donnée rapidement puisqu’après avoir fréquenté le Pôle Espoir de Lormont depuis la troisième, le judoka intègre ces jours-ci le CREPS de Bordeaux-Aquitaine, à Talence, avec la ferme volonté de mettre toutes les chances de son côté. Le cadet va se trouver confronté à des juniors qui auront 20 ans pour certains. La différence sera de taille et Evan sait qu’il devra beaucoup travailler sa technique pour espérer contrer certains physiques.

Le judo est un sport et une philosophie
Même s’il veut se donner les moyens de réussir, Evan garde les pieds sur terre et assure : « Les blessures comme les défaites doivent servir à progresser. De toute façon, quand j’échoue le monde ne s’arrête pas de tourner. L’important c’est la famille, et la mienne me soutient vraiment beaucoup, la santé, les amis. Le code moral du judo est fondé sur le respect, l’amitié et ce sont des valeurs que je ressens de plus en plus. Il faut néanmoins se donner les moyens de réussir. C’est vrai dans le sport comme dans la vie. Pour m’améliorer, je ne compte pas mes heures, j’essaie d’être le plus rigoureux possible. Le judo est un sport de force qui demande une bonne forme physique et en même temps une résistance mentale qui permet de donner davantage que ses adversaires. Quand on gagne de la confiance en soi dans un sport, ça a forcément un impact dans la vie de tous les jours et l’enjeu en vaut la peine ». Jeune encore, il refuse de se définir comme un modèle en dépit de son statut de champion de France: « Si je devais donner des conseils, ce serait de s’amuser, de ne pas réfléchir mais aussi de travailler dur et ne jamais rien lâcher : ça finit toujours pas payer ! Tous les sports sont durs, il n’y a pas que le judo, et les grands champions ont tous énormément transpiré pour atteindre le plus haut niveau. »

En 2024, les Jeux Olympiques auront lieu à Paris et Evan aura 24 ans. Il n’est pas impossible que le club de judo de Peyrehorade soit alors encore en haut de l’affiche…

Crédit photo : DR /
Journal Sportsland Landes n°212 du 11 septembre 2017

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