US Dax Rugby – Le rôle et l’importance de l’analyse vidéo

La technologie au service du sport

De nos jours dans le sport de haut niveau, l’analyse vidéo semble jouer un rôle de plus en plus complémentaire à la performance sportive. Afin de capturer le geste parfait et de l’analyser en profondeur, de favoriser l’élaboration d’une tactique, de permettre le développement d’un athlète, d’identifier les secteurs et les détails clés du jeu, les logiciels d’analyses vidéo et statistiques sont devenus incontournables dans le milieu du sport professionnel.

L’arrivée de cette pratique dans le rugby n’est pas toute récente mais elle était auparavant réservée aux équipes de l’hémisphère-sud et aux équipes nationales. Sa médiatisation, et l’intérêt porté par les chaînes TV dans la diffusion des matchs, ont permis aux clubs français de développer leur propre service d’analyse vidéo. Raphaël Saint-André, l’entraîneur de l’US Dax Rugby Landes explique : « L’analyse vidéo est quelque chose de primordial dans le rugby pour corriger les placements des joueurs, faire progresser l’équipe et notamment travailler les plans de jeu vus à l’entraînement. Cela nous permet de voir si les joueurs ont bien fait ce qui leur avait été demandé. L’autre aspect est l’analyse du jeu de notre adversaire dans lequel nous cherchons à trouver les failles et à s’adapter en fonction de celui-ci. Elle sert également pour les entraînements à corriger les défauts de certains joueurs, un mauvais geste sur une passe ou des pieds mal placés sur une touche par exemple. Viennent ensuite les montages qui permettent aux entraîneurs des différents postes de montrer aux joueurs ce qu’ils ont mal exécuté en situation de jeu. »

Un travail de longue haleine
Au sein du club, c’est Fabrice Duberger, salarié à mi-temps qui est chargé de cette fonction. Il faut savoir que dans la plupart des clubs, ils sont trois à temps plein, lui, réparti son travail du mieux qu’il le peut pour le rugby. Ancien joueur et ancien entraîneur des jeunes et des espoirs, il est aujourd’hui analyste vidéo depuis un an et demi. Comme membre du staff à part entière, son travail demande beaucoup de temps et de rigueur pour contribuer à faire évoluer l’équipe de l’Us Dax. « Pour pouvoir faire cela, il y a un travail assez conséquent. On se sert des images vidéo avec un logiciel d’analyse qui permet de faire d’abord un découpage du match avec toutes les phases de jeu : offensive, défensive, mêlées, touches, etc… Puis, il faut décortiquer les actions en fonction de ce que les coachs veulent voir comme les plaquages, les passes ou les rucks. Avant d’analyser, il faut d’abord rentrer toutes les données. Il y a une partie qualitative, qui va nous permettre d’analyser notre jeu et une autre partie statistique donc quantitative, que nous évaluerons sur la totalité du match, sur un bloc ou sur une saison entière. Une autre étape consiste à analyser l’équipe adverse, ce qui va nous permettre d’identifier leurs points faibles et leurs points forts. Je suis le seul analyste vidéo, je filme sur le terrain et je sélectionne mes séquences en fonction de ce que m’a demandé Raphaël Saint-André (entraîneur des arrières) ou Patrick Furet (entraîneur des avants). J’essaye aussi de filmer les entraînements pour voir les choses qui fonctionnent ou au contraire, repérer les fautes de certains joueurs. On a aussi mis en place les vidéos pour les buteurs et pour les demis de mêlée pour la passe. Cela demande du temps, puisqu’il faut environ deux heures pour le premier séquençage des mêlées, touches, plaquages, etc. Puis six heures de plus, pour nommer le joueur responsable de l’action. Avant un match, j’essaye d’analyser trois matchs de l’équipe adverse, en y consacrant au moins quatre heures de préparation chacune », décrit Fabrice Duberger sur son travail. Un joueur de rugby est donc soumis à plusieurs séances vidéo quotidiennes. « Il y a des séances de vidéos individuelles mais aussi collectives afin d’analyser notre jeu après les matchs ou le jeu des adversaires avant les matchs. Il y a 3 séances collectives : le lundi sur le défensif, le mardi sur l’offensif et le jeudi sur la mise en place, coups d’envois, sortie de camp et un récapitulatif de ce que l’on a vu lors des précédentes séances. Il y a aussi des séances plus spécifiques en fonction des postes : les avants visualisent les mêlées et les touches par exemple ou encore les lancements pour les 3/4 », explique-t-il. Dans une compétition comme la PRO D2, tous les moyens sont utiles pour améliorer ses performances face aux équipes concurrentes. La technologie permet donc d’optimiser la réussite sportive au même titre que n’importe quel entraînement.

Crédit photo : DR /
Journal Sportsland Landes n°212 du 11 septembre 2017

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