Connaître et Reconnaître – Serge Maujean

Un entrepreneur au volant !

Avez-vous appris ce poème de Jacques Prévert qui expliquait ce qu’il fallait pour faire le portrait d’un oiseau ? Eh- bien, pour faire le portait de Serge Maujean, il faut… au moins dix pages, tant sa vie a été riche d’expériences diverses ! Son nom vous dit peut-être quelque chose et si oui, vous l’associez probablement au badminton qu’il a considérablement fait évoluer dans notre département mais le « retraité de Magescq » est bien plus que cela. Témoignage d’un bénévole aux multiples vies…

Des débuts prometteurs
« Vous connaissez mon âge ? 82 ans et j’avoue que j’ai eu une vie bien remplie », s’amuse Serge Maujean quand on l’interroge sur son parcours. « J’ai touché à plusieurs sports et j’ai même eu une écurie de course automobile. Je ne peux pas rester inactif, même maintenant ! » Rien pourtant ne prédestinait dans sa famille le jeune Parisien à l’époque à s’impliquer dans le monde associatif, si ce n’est ses succès plutôt honorables dans de nombreux domaines. Il s’essaie au football et joue un championnat de France au parc des Princes en levée de rideau de l’équipe pro du RCP. À l’armée, s’ennuyant un peu il profite de la table de ping-pong mise à disposition et devient demi-finaliste du championnat national militaire puis président du comité départemental, nous sommes alors en 1963…

110 victoires en course automobile
Parce qu’il termine sa scolarité avec un CAP de tôlier-formeur en poche, Serge rejoint le constructeur René Bonnet. Le voilà travaillant sur des prototypes de carrosseries. « Cette expérience m’a donné le virus du sport automobile. J’ai intégré l’école de pilotage de Montlhéry, j’en suis sorti 2ème, ce qui m’a permis de piloter une Formule Renault durant une année en compétition. » Surtout, l’idée germe chez lui de franchir un palier supplémentaire et quelques années plus tard, mieux installé financièrement, il crée sa propre écurie automobile « Tukana » qui participera entre autres au Dakar-Paris (le nom de l’époque) et aux 24h du Mans, totalisant 110 victoires entre 1970 et 1990.

Un entrepreneur né !
Cette réussite sportive s’est doublée chez Serge Maujean d’une réussite professionnelle. Parti de presque rien, il a connu une réussite professionnelle dans le bâtiment parisien et l’équipement de grandes surfaces jusqu’à devenir maître d’œuvre. Une autre facette de sa vie professionnelle commence avec le 50ème anniversaire du Débarquement en Normandie, en 1994 : « Je me suis dit que je pourrais m’investir dans cette célébration en créant un pin’s. Je me suis mis sur ma planche à dessin et mon projet a été retenu par le comité d’organisation. J’ai créé des produits dérivés et une société pour les diffuser. Quelques années plus tard, on vendait encore mes produits au Mémorial de Caen. Par la suite j’ai par exemple créé une « broche muguet » qui s’est vendue à plusieurs milliers d’exemplaires. Je crois qu’elle a permis à certains maris de faire des économies en investissant une fois pour toutes dans le 1er mai : il suffisait à leurs épouses de ressortir la broche chaque année…! »

Une surprise chez Michou à Paris…
Serge Maujean fait proliférer son entreprise de pin’s en créant une œuvre pour chaque discipline olympique et en la faisant exécuter par Arthus-Bertrand, un grand bijoutier parisien. Une création un peu plus importante réunit toutes les disciplines de l’athlétisme. Et il y a deux ou trois ans… « Avec ma famille, on décide d’aller découvrir le cabaret Michou. Il arrive tout en bleu et sur sa veste …ce pin’s ! Je lui ai dit que j’en étais l’auteur et ai pu passer un bon moment avec lui. Depuis, on correspond de temps en temps, et cela grâce à un pin’s que j’ai dessiné il y a plus de 20 ans ! « 

Changement de volant
C’est en arrivant dans les Landes pour sa retraite que Serge découvre le badminton sur l’instigation de sa femme Maryse : « Il fallait bien que je fasse quelque chose pour garder la forme. J’avais un peu essayé ce sport comme tout le monde, en jouant sur la plage, et ça m’avait plu ». Et comme Serge ne fait rien à moitié, il a présidé le comité départemental de badminton durant 14 ans, faisant passer le nombre de clubs de 5 à 17 et le nombre de licenciés de 277 à 1200 ! Il conserve notamment la fierté d’avoir ouvert son sport à des publics handicapés : « Au début, j’ai dû un peu forcer la main aux clubs pour qu’ils prennent ce risque d’accepter des pratiquants différents. Il y a comme vous savez de « foutus moments » dans le monde associatif, on ne vit pas toujours en harmonie avec tout le monde mais aujourd’hui tous me remercient de l’avoir fait ». Un emploi salarié pérenne a même pu être créé auprès du Comité départemental pour promouvoir encore davantage le badminton.  Aujourd’hui, Serge joue encore ½ heure de temps en temps mais c’est surtout son fils Julien, 75ème joueur national, qui fait sa fierté. Encore élu au Comité Olympique Départemental, Serge aime créer des jeux pour ses amis et savoure ce qui est le plus important pour lui : « prendre soin de mon épouse, de ma famille et toujours rencontrer des gens ». Encore plein d’énergie, Serge avoue avoir dû se faire tirer l’oreille par son maire pour accepter de participer au repas annuel du 3ème âge et reconnaît : « J’ai pris beaucoup de plaisir à faire tout ce que j’ai fait dans ma vie. Si c’était à refaire, je le referais ! » Un inventaire de vie à la Prévert !

Crédit photo : DR /
Journal Sportsland Landes n°213 du 25 septembre 2017

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