Le tir à l’arc sur cibles « Nature »

Rencontre avec Romain Loiacono, archer.

Le lieu et l’heure sont fixés, rendez-vous sur le parking de la Chapelle Notre-Dame-du-Rugby, à Larrivière-Saint-Savin, pour une rencontre étonnante et sportive : Romain Loiacono va m’apprendre à tirer à l’arc.  Sur un malentendu, je m’imaginais que ces archers de l’Adour se déguisaient parfois, véritables Robins des Bois modernes, pour des jeux de rôles grandeur nature. Mais non ! « Le tir à l’arc est une véritable discipline sportive, avec ses championnats, départementaux, régionaux, nationaux. Nous ne faisons pas ce type d’animations. Notre Club est affilié à la Fédération Française de Tir à l’Arc (FFTA). »

Des gestes précis et une grande concentration.
Après avoir parcouru la distance nous séparant du lieu d’entraînement, un ancien camp romain dont on devine quelques vestiges, la leçon peut commencer. Lors de la prise de rendez-vous, Romain m’avait demandé si j’étais droitière ou gauchère. Il me tend donc un arc qui me convient. Positionnement de la flèche sur son support, encoche enfoncée au milieu de la corde, petite ailette distincte tournée vers moi, voilà pour la bonne installation de la flèche sur l’arc. Pieds tournés dans l’axe de la cible, bras gauche (celui qui supporte l’arc) tendu, main sur la poignée, non crispée pour ne pas être endolorie au bout de quelques tirs, dernières phalanges droites sur la corde, à 8 centimètres en-dessous de la flèche, coude droit vers l’arrière (c’est lui qui imprime le mouvement, pas la main), et main droite positionnée juste à la commissure de la lèvre, touchant vraiment le visage. Voilà pour la bonne position du corps. Ensuite, fermer un œil, viser la cible que l’on aligne sur la pointe de la flèche. Et tirer. Ne pas oublier la palette, protection que l’on met sur les phalanges pour les protéger de la corde, et éventuellement une protection de bras, sur celui qui tient l’arc, car lorsque l’on lâche la corde, elle peut claquer sur l’avant-bras. Après une heure de parcours et plusieurs flèches ayant atteint leur cible, je constate les bienfaits de ce sport encore méconnu : concentration, précision, contact avec la nature, tranquillité, marche. De beaux atouts. « Quand les parents amènent leurs enfants à l’entraînement, je leur propose toujours d’essayer une partie du parcours. Et parfois, nous accueillons un nouvel adhérent. »

Les différents parcours.
Romain m’explique qu’il existe plusieurs types de parcours. Le parcours nature, où les archers tirent sur des cibles de papier ou blasons où figurent des animaux de tailles différentes. Un parcours normal est constitué de 42 cibles en terrain varié. Les distances de tir s’échelonnent entre 5 et 40 mètres et sont toujours inconnues des archers qui doivent les apprécier lors de leur arrivée sur la cible. Les cinq divisions d’arcs reconnues dans le parcours nature sont l’arc nu, l’arc à poulies, l’arc chasse, l’arc droit et le tir libre. Chaque tireur dispose de 30 ou 45 secondes selon sa catégorie pour se rendre à un poste de tir, tirer une flèche, rejoindre le deuxième pas de tir et tirer la seconde flèche après avoir évalué les distances et analysé les pièges de balistique. C’est peu. Ensuite, il y a le tir sur cibles 3D : les archers tirent sur des cibles de mousse en 3 dimensions représentant des animaux de tailles différentes. 40 cibles en terrain varié constituent un parcours normal et de championnat de France. Une fois arrivé à son poste de tir, le tireur dispose de 60 secondes pour découvrir la cible, en évaluer sa distance et tirer ses deux flèches. Comme leur nom l’indique, les cibles 3D représentent des animaux de tailles différentes et variées en 3 dimensions. Elles sont pour la plupart fabriquées à l’échelle réelle, ce qui représente pour certaines d’entre-elles des tailles importantes (ours ou bison par exemple). Enfin, le tir 3Di (Règlement international) où les archers tirent sur des cibles de mousse en 3 dimensions représentant des animaux de tailles différentes, avec un parcours de 40 cibles en terrain varié. Il n’y a pas de championnat de France mais des tournois annuels. Les distances de tir s’échelonnent entre 5 et 45 mètres pour les Compounds (arcs à poulies) et 5 à 30 mètres pour les autres catégories d’arcs. Les distances de tir sont toujours inconnues des archers. Seulement 4 types d’arcs sont reconnus par la FITA : l’arc nu, l’arc à poulies, l’arc droit et l’Instinctive Bowhunter. Il s’agit d’un tir de précision pure. Une fois arrivé à son poste de tir, le tireur dispose de 2 minutes pour découvrir la cible, en évaluer la distance et tirer une seule flèche. C’est une discipline reconnue par la FITA, des Championnats du Monde Individuels et par Équipes sont organisés tous les deux ans. Les premiers Championnats d’Europe ont vu le jour en 2008.

Les Archers de l’Adour, un Club dynamique.
« Le Club a déménagé sur le site historique du Camp romain de Thun à Larrivière-Saint-Savin en 2014. » explique Romain, son président. « Le terrain nous est gracieusement prêté par un propriétaire privé. Il a fallu un année pour installer le parcours de 21 cibles avec l’aide des licenciés de l’époque. Puis à partir de la saison 2015/2016, nous avons commencé à accueillir de nouveaux membres. » Actuellement, ce sont 14 licenciés qui intègrent le Club pour la saison 2017/18 dont 5 femmes. Les jeunes sont accueillis à partir de 10 ans. Un entraînement collectif se déroule le samedi de 10 heures 30 à 12 heures. « C’est un moment agréable, plein d’échange et de convivialité. Il est également possible de s’entraîner toute la semaine sur le terrain en respectant le fléchage du parcours pour assurer la sécurité de chacun. » L’entretien du parcours est réalisé tout au long de l’année par les licenciés. « Des compétitions se déroulent presque chaque dimanche dans la région (départements 33, 47, 40, 64 et 65). Ces parcours sont qualificatifs pour les championnats de France. Le CDF Nature se déroule en mai et le CDF 3D en août de chaque année. »

Contact : Romain Loiacono
Tél. : 06 19 03 89 16
Mail : archersdeladour@yahoo.com.

Crédit photo : DR /
Journal Sportsland Landes n°215 du 23 octobre 2017

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