Connaître et Reconnaître – Ski – Céline Luce

La montagne en solidaire

Fermez les yeux et songez quelques instants aux Pyrénées, à l’immensité, aux sources de nos montagnes, aux pics vertigineux… puis ouvrez-les en imaginant des colonnes de chiffres, des tas de factures, des sources de financement à trouver et des déficits à éviter. Quel rapport ? Céline Luce, la bénévole qui nous accorde un moment dans ce numéro. Cette passionnée de montagne rempilera dans quelques jours dans ses fonctions de trésorière du Stade montois, section ski. L’occasion pour nous de mettre en lumière un sport vraiment ouvert à tous mais aussi une fonction bénévole ardue mais indispensable.

Une vie tournée vers les cimes
Arrivée dans les Landes en 2005 après être passée par Paris, Toulouse ou encore la vallée de Luz, Céline a eu toute sa vie le virus de la montagne : « Comme Obélix, je suis tombée dans la marmite quand j’étais petite en découvrant le ski dès l’âge de 4 ans lors de ma première colonie de vacances, se souvient-elle. Je suis arrivée à Mont-de-Marsan pour reprendre une compagnie de taxis et j’ai adhéré au Stade montois dès 2006, attirée par le coût des sorties mais également la possibilité d’aller en montagne en bus, sans prendre la voiture. Pour moi qui conduis toute la semaine, c’était une belle opportunité. Je m’arrange également pour aller skier une semaine par an dans les Alpes et le reste de l’année, je marche en montagne, seule ou en groupe. La bonne surprise supplémentaire a été pour moi la très bonne ambiance que j’ai découverte au Stade montois. »

Du sport pour le plaisir
Car ce qui motive Céline, que ce soit dans son métier, son engagement bénévole ou sa pratique sportive, c’est la préservation de sa liberté : « Je n’ai pas l’esprit de compétition. Je fais ce que j’aime faire. Sur le plan professionnel, j’ai su changer d’emplois quand j’estimais que je m’ennuyais et c’est vrai à plus forte raison dans le bénévolat. Des engagements que j’ai en ce moment, je ne vais conserver dans l’avenir que ceux que j’exerce avec plaisir. Je fais du basket, un peu de salle de sport, de la randonnée l’été. Le sport doit procurer du bonheur. »

Le bénévolat petit à petit
Voici peut-être la recette pour les associations en manque de trésoriers : la bonne ambiance. Car Céline a découvert le bénévolat petit à petit, grâce au Stade montois : « Je suis officiellement bénévole depuis que j’ai passé le MF (monitorat fédéral) en 2009 afin de pouvoir enseigner le ski dans le cadre de mon club. Le Comité du Stade Montois se définit vraiment par la bonne entente qui y règne. J’avais compris que dans le club on manquait toujours de moniteurs pour encadrer les sorties. Alors pourquoi pas, j’ai tenté le MF et je l’ai eu. Puis l’ancien trésorier a démissionné et comme j’aime la comptabilité et les chiffres, je me suis proposée pour reprendre la trésorerie de la Section. Ça coulait un peu de source me semble-t-il et ça s’est fait en douceur, J’étais plus ou moins adjointe en arrivant. En plus du Stade montois j’ai par la suite donné de mon temps au Comité départemental des Landes, qui regroupe une dizaine de clubs, mais l’ambiance y est différente et j’ai découvert d’autres associations qui méritent qu’on y consacre du temps. »

La découverte du handi-ski
Une cause en particulier prend de plus en plus d’importance aux yeux de Céline, il s’agit de l’association Lous Pitchouns du Moun qui a pour but d’aider des enfants landais malades ou en situation de handicap « Je suis assez ouverte et dès qu’il y a une proposition je fonce. Alors quand une connaissance m’a parlé de cette association qui permet à des enfants de faire des choses comme les autres, je l’ai rejointe. Je donne un coup de main de temps en temps pour récolter de l’argent mais surtout, depuis 2 ans, on propose à ces enfants de participer à une sortie au ski dans l’année. Nous sommes maintenant 5 moniteurs au Stade montois à avoir la formation pour conduire des engins spécifiques. Le Stade montois en a d’ailleurs acheté un, les autres nous sont prêtés par d’autres clubs ou les stations de ski. » Selon le poids ou le handicap de l’enfant, le moniteur peut utiliser un « dual » ou un « tandem ». C’est une pratique assez physique pour le moniteur (notamment pour Céline que l’on surnomme tantôt « clochette » tantôt « petit pois ») mais particulièrement gratifiante : « C’est formidable de voir des enfants heureux. Il y a 2 ans, j’ai accompagné une fille qui au début ne voulait pas se séparer de son papa puis qui a skié plus d’1h30 avec moi, sans plus se soucier de lui car il n’allait pas assez vite ! C’est donc tout naturellement que je vais m’occuper de la prochaine sortie en mars ! »

La convivialité comme moteur
« Je trouve le temps de tout faire » admet Céline qui rappelle toutefois que le bénévolat ne doit être ni une punition ni une obligation et que le « feeling » avec les personnes que l’on rencontre est essentiel : « Donner du temps est vraiment une bonne chose. Ça me motive, notamment les Pitchouns. Il faut le faire avec le cœur, quand on aime le contact, la discussion, c’est aussi agréable que de faire des rencontres en montagne et d’ailleurs je renouvelle mon engagement au Stade montois dans quelques jours pour 4 ans avec un grand plaisir ! »

Crédit photo : DR
Journal Sportsland Landes n°216 du 13 novembre 2017

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