Basket Landes – Le parcours professionnel de Céline Dumerc

L’éternelle Caps’

Elle est la joueuse la plus capée de l’histoire du basket français avec 262 sélections. À 35 ans, Céline Dumerc a construit l’un des plus beaux palmarès de son sport : championne d’Europe en 2009, vice-championne olympique en 2012, vice-championne d’Europe à 3 reprises, 6 fois championne de France, 5 titres de Coupe de France ou encore vainqueur de l’Eurocup 2016, pour ne citer que ces récompenses. Récemment, elle a reçu le trophée Alain Gilles 2017, récompensant le meilleur basketteur français de la saison. Une carrière qui n’est pas due au hasard : retour sur le parcours d’une championne.

L’histoire commence à Laloubère, où Céline y effectue ses premiers dribbles à l’âge de 9 ans. Alors qu’elle n’est que minime à Tarbes, elle joue déjà au meilleur niveau en étant surclassée avec les espoirs. Amandine Lacrabe, sa coéquipière qui avait deux ans de plus qu’elle, devient son exemple. Elle rejoindra l’INSEP, la pépinière du sport français, la même année que cette dernière (et en même temps qu’un certain Tony Parker chez les masculins), alors que la promotion était terminée. Une précocité qui montre que Pascal Pisan, le coach de l’époque, a détecté très tôt en elle des capacités que les autres entraîneurs n’avaient pas encore décelées. C’est ce même entraîneur qui lui donnera sa chance en sélection jeunes : « Il y a une part de chance dans la carrière d’un sportif : certes on a des qualités, on fait tout pour être la meilleure version de soi mais, si en plus, on a des entraîneurs qui aiment ce que l’on apporte sur le terrain, ça ne peut qu’être un plus. Car plus on joue, plus on a des chances de progresser », déclare-t-elle. Après ces trois années loin de ses proches, elle revient chez elle à Tarbes pour débuter sa carrière professionnelle. Ses débuts en Equipe de France A, sous l’ère d’Alain Jardel, sont compliqués et lui forgent son caractère. Quand Pierre Vincent reprendra la tête de la sélection, Céline jouera un tout autre rôle au sein de l’équipe. Également son entraîneur à Bourges, c’est lui qui deviendra son mentor. C’est avec lui qu’elle connaîtra la plupart de ses succès sous le maillot tricolore : notamment une médaille d’argent aux JO de Londres en 2012 et lui apportera la notoriété. « Je n’ai jamais changé de comportement. Je pense que c’est pour cela que j’ai réussi au plus haut-niveau. Avant ou après ma médiatisation, je suis restée la même, mais maintenant place aux jeunes », confie-t-elle. À l’issue de l’Euro 2017 (médaille d’argent), elle met un terme à sa carrière internationale. L’après-Dumerc sera difficile pour les Bleues, tant elle aura marqué le jeu des françaises.

Une vie de « challengeuse »
Talentueuse, humble, leader… autant d’adjectifs qui pourraient qualifier l’icône du basket féminin. Mais, seul le travail fait la marque de fabrique d’une grande championne : « Je pense que l’on a tous du talent, mais ce qui fait la différence, c’est le travail. On trouvera toujours quelqu’un de plus talentueux que soi mais si on travaille plus que lui, il ne nous dépassera pas, et moi, c’est ce qui m’a « sauvé » parce que je n’hésitais pas à rester après les entraînements. Tout cela associé au plaisir, parce que je crois fondamentalement, que le plaisir reste le principal moteur d’une carrière. Si l’on vient juste parce qu’on est payé, on ne performera pas. On n’atteint jamais le maximum de son potentiel : il y a toujours quelque chose à gratter. J’avais cette mentalité quand j’avais 20 ans et je l’ai encore aujourd’hui, j’ai toujours l’espoir de progresser, certes sur des choses infimes, mais on apprend tous les jours ». De ses deux expériences à l’étranger, elle en tirera certains enseignements. De 2009 à 2011, elle jouera à Lekaterinbourg en Russie, le plus riche des clubs européens : « Outre l’aspect financier, je suis partie là-bas pour essayer de gagner le titre de l’Euroligue, mais on ne le remportera pas. Cela faisait 6 ans que j’étais à Bourges, j’avais envie de me challenger en dehors de mon pays, en tant qu’étrangère dans une équipe. J’en ai retenu que ce n’est pas parce que l’on a les meilleurs éléments que l’on réussit à gagner. Cela m’a conforté dans l’idée que le basket reste un sport collectif, qu’il faut travailler et que cela passe par les entraînements, qu’il faut se donner les unes pour les autres. Dans ce club, il y a tellement d’argent qu’on en devient mercenaire et sur le terrain, on ne se donne pas forcément autant qu’il le faudrait. » Puis Atlanta aux Etats-Unis, en 2014 : « La WNBA n’était pas un championnat qui me faisait particulièrement rêver, contrairement à certaines joueuses. Mais là aussi, les individualités ne font pas gagner une équipe. On a perdu au premier tour des play-offs alors que l’on visait bien plus haut. Je me suis rendu compte de l’importance d’avoir confiance en soi. À ne pas confondre avec « l’arrogance ». Avec la confiance, nous avons plus de chance de réussir dans ce que nous faisons. Aux Etats-Unis, j’ai joué contre des filles qui n’avaient rien à envier aux joueuses françaises, mais, la différence c’est qu’elles sont persuadées d’être les meilleures, cela leur donne une âme supplémentaire et c’est pourquoi elles font des choses que nous, nous ne nous permettons pas. Quand je suis rentrée en France, j’ai essayé de me garder cela à l’esprit. Dès que j’ai du mal, je m’accroche à ça. La confiance ça ne veut pas dire qu’on se la pète ou quoi que ce soit : entreprends les choses avec confiance et détermination et tu verras que ça passera. » Adage qui a fait d’elle ce qu’elle est devenue.

Son après-carrière ? Cela reste encore vague pour Céline qui vit au jour le jour. Elle, qui a récemment commenté le match de ses anciennes coéquipières en équipe de France, face à la Roumanie, ne ferme pas la porte à une reconversion en tant que consultante. Avant tout, elle a une carrière de joueuse à finir et ce sera ici, à Basket Landes, club qu’elle a rejoint pour retrouver son Sud-Ouest natal.

Crédit photo : DR / Sportsland – B.Hennequin
Journal Sportsland Landes n°217 du 27 novembre 2017

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