Football – Mehdi Leris – Du Stade Montois au Chievo Verone

Là où le ballon le mène…

Devenir footballeur professionnel, vivre de sa passion et jouer au plus haut niveau ; Beaucoup d’ambitieux rêveurs mais au final très peu d’élus accèdent à l’élite du sport le plus populaire du monde. C’est pourtant l’histoire qu’est en train d’écrire Mehdi Leris, jeune montois au destin incroyable, tout proche de franchir un pallier qui pourra lui permettre de poursuivre sa belle aventure. Rencontre avec ce jeune landais prometteur pour comprendre quelles sont les clés qui lui ont ouvert les portes de la carrière de ses rêves.

À première vue c’est pourtant un garçon comme les autres ; bon élève et mordu de foot depuis toujours, ce fils d’éducateur franchit naturellement les étapes comme tous les gamins doués de ce sport. Alors licencié au Stade Montois, il est sélectionné en équipe des Landes U15 puis en équipe d’Aquitaine pour participer à la coupe de France des régions. Honorable, mais jusque là rien de génial, si ce n’est un statut d’espoir potentiel du football français, comme les 200 garçons de son âge présents sur cette compétition. On aime alors se poser cette question qui anime les réflexions de tous les techniciens de France et de Navarre : pourquoi lui ? qu’a-t-il de plus ? que fait-il de mieux que les autres ? Au-delà de répondre à ces questions, on peut d’ores et déjà constater que d’apparence rien ne transparait, et qu’il faut aller chercher dans les capacités morales et mentales d’un garçon sûr de sa force. Alléluia ! le fameux adage du sportif à la tête bien faite marche encore. Et puis qui de plus convainquant qu’un convaincu ? Car Mehdi nous l’affirme clairement, « le ballon, sa carrière, son rêve de footballeur pro, il n’avait que ça en tête ». Quatre ans et de belles péripéties plus tard, le jeune montois se retrouve au Stadio Olimpico de Rome à brandir la coupe d’Italie devant plus de 60000 personnes, aux côtés, entre autres, de Dani Alves ou de Gianluigi Buffon, excusez du peu !

Sacré destin.
Les plus aigris prétendent que dans ce sport, il faut avoir de la chance et faire les bonnes rencontres, Mehdi pense plutôt « qu’il faut savoir être bon au bon moment ». Loin d’être parmi les adolescents les plus courtisés par les grands clubs français, Mehdi Leris n’a jamais douté de sa bonne étoile car « il a toujours senti au fond de lui qu’il aurait cette fameuse opportunité ». Fidèle à ses convictions, il ne perdit pas une seconde et fut remarqué dès son 1er match de Coupe de France des régions. Faute d’avoir tous les recruteurs à ses trousses, le nez creux d’un seul homme aura suffit. Tout est ensuite allé très vite : deux contacts téléphoniques puis un stage d’invitation à Vérone et les dirigeants du club italien du « Chievo » se pointaient chez lui, à Campet La Molère, pour afficher leur volonté de s’attacher les services du garçon. Les clés de son destin en mains, il fallait se décider vite, et c’est d’autant plus difficile de faire un choix quand il s’agit d’envoyer un gamin de 15 ans de l’autre côté des Alpes. La panoplie du futur champion étant aussi constituée d’un entourage solide et consciencieux, les bonnes questions furent posées, et quelques mois plus tard le jeune montois devenait un « veronesi », alors que la filière sport-étude lui tendait pourtant les bras. Un coup de poker culoté histoire de garder encore quelques temps les clés de son destin, car dans ce package cornélien, Mehdi savait qu’il ne pourrait pas jouer en compétition officielle jusqu’à l’âge de ses 16 ans. Une longue saison sans match aux allures piégeuses pourtant devenue une année de travail où le jeune homme, identifié comme un « profil de la série A », a progressé sous la houlette des techniciens italiens, n’hésitant pas à le faire jouer à différents postes. Transformation gagnante, car le montois, initialement milieu défensif « nettoyeur de ballon » ressort du garage du Chievo en mode attaquant « feu follet »/provocateur. Il enchaine alors les bonnes prestations en M17 puis en Primavera (élite M19) avant de rejoindre sous forme de prêt l’illustre « club de la vieille Dame », la Juventus de Turin, rapidement tombé sous le charme du montois.

La patte landaise
S’il sait où il veut aller, Mehdi Leris sait surtout d’où il vient . Il se rappelle « les matchs avec l’équipe des Landes ou avec l’Aquitaine quand leurs adversaires étaient bien plus athlétiques » et que leur réponse se nourrissait dans le caractère de ces gamins habitués à se battre pour aller chercher le ballon. Alors comme il le dit si bien « on s’est construit comme ça, car on a été habitué à serrer les dents, à courir partout et toujours », chose qu’il retrouve aujourd’hui dans certains matchs de son nouveau club, « alors que la partie est mal embarquée, je continue à me battre car je veux toujours continuer à courir après le ballon là où les autres s’arrêteront, c’est la patte landaise ». Montois et fier de l’être, il reste proche de sa famille et de ses potes qu’il ne manque pas de faire venir à Vérone ; il aime aussi revenir au pays où l’une de ses fiertés est d’avoir été nommé parrain du tournoi de son club de cœur.
Aujourd’hui Mehdi est revenu au Chievo Verone, où à 19 ans, il est le plus jeune joueur retenu dans l’effectif pour la saison de Série A. Même si tous les voyants sont au vert, Mehdi est encore peu utilisé, mais le landais se nourrit de ses quelques feuilles de match pour aiguiser son appétit ; peu importe la situation, « il continuera encore et toujours à se battre, à chaque seconde, à chaque entrainement, et sur chaque ballon », car fidèle à son état d’esprit et aux instants clés de sa jeune carrière, il sait « que son heure viendra et qu’il faudra être bon à ce moment là ». D’ici là, retenons le nom de Mehdi Leris, car le jour où toute l’Italie parlera de lui, souvenons nous de ces quelques lignes afin de se rappeler les valeurs qui auront permis à cet enfant de la balle d’aller au bout de ses rêves. C’est en tout cas tout ce qu’on lui souhaite…

Crédit photo : DR /
Journal Sportsland Landes n°217 du 27 novembre 2017

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