Connaître et Reconnaître – Jean-Jacques Crabos

Le beau bilan d’un homme qui compte

Pour Mont-de-Marsan, c’est en quelque sorte le « président des présidents » qui tourne ces jours-ci une nouvelle page de sa longue vie associative. Jean-Jacques Crabos (sur la photo avec Geneviève Darrieussecq Maire de Mont de Marsan), président général du Stade Montois Omnisports, a en effet passé le relais à Lionel Gaüzère, mettant fin à son deuxième mandat, et bouclant ce faisant sa 40ème année de bénévolat. Ce banquier de profession, encore en activité pour quelque temps, dans le domaine de l’assurance, nous livre ici son parcours mais aussi ses projets d’avenir, toujours tournés bien sûr vers le sport et la solidarité.

Un banquier philanthrope
« J’avais 20 ans pour mon premier mandat. J’étais un athlète de l’Avenir aturin et vu que j’étais déjà banquier, le président de l’époque m’a tout naturellement proposé de m’occuper de la trésorerie. Ça a commencé comme ça! » se souvient celui qui prendra sa retraite professionnelle dans 6 ans sans avoir jamais lâché le bénévolat. « Banquier est certes un métier de rencontres dans lequel on soutient des projets mais je reconnais que j’ai toujours été un peu à part. D’ailleurs, je ne portais jamais de cravate et c’est souvent mon collaborateur qui passait pour le directeur » s’amuse-t-il.

Un gendarme financier…
Le Stade montois, c’est 45 emplois, 5 millions d’euros de capitaux à gérer (sans compter le rugby pro qui est à part), 6300 licenciés. Le rôle du président est de signer les contrats de travail, de maîtriser la partie législative mais aussi d’exercer un contrôle financier « Mon premier acte important de président il y a 8 ans a été de signer un chèque de 500.000€ pour sauver le rugby pro de la descente. Et mon dernier mot au moment de partir sera de lancer une alerte pour l’année prochaine. Il est difficile de trouver le bon équilibre entre passion et gestion. Certains dirigeants trop enthousiastes dépenseraient facilement l’argent qu’ils n’ont pas et j’ai dû parfois jouer le rôle du gendarme. J’ai d’ailleurs mis en place des outils de suivi en temps réel. Heureusement, depuis 3 ans, nous avons créé un poste de directeur occupé par Eric Saint Martin qui est devenu une pièce maîtresse du Stade montois et que j’aimerais remercier « .

…amoureux de tous les sports
« Le sport m’a beaucoup apporté, je peux même dire que parce qu’il inculque des qualités d’abnégation, de force, de courage, il m’a même sauvé à certains moments de ma vie. En présidant pendant huit ans la plus belle entité sportive d’Aquitaine, je ne fais que rendre au sport ce qu’il m’a donné! » constate Jean-Jacques. Et le fait est qu’au cours de sa vie, le président de l’Omnisports peut déclarer sans se tromper « avoir eu le goût pour tous les sports » : L’escrime dès l’âge de 10 ans, puis le rugby, le foot, le basket, le volley, le hand-ball, le tennis, le golf et parfois à un bon niveau national.

Le créateur du Mounride… notamment !
« J’avais une idée en tête depuis quelques années : Je voulais fédérer toutes les sections de l’Omnisports autour d’un projet commun et faire entrer de l’argent dans les caisses du Stade montois. On a profité de l’engouement pour les courses à obstacles et du souhait du journal Sud-Ouest d’ajouter un troisième grand événement au Cross de Gujan-Mestras et à la Coupe d’Aquitaine de basket pour créer cette course tous ensemble. Le marathon est récemment venu compléter cette thématique mais il est surtout le fait de l’équipe des quelques quarantenaires qui dirigent l’Omnisports à mes côtés ». Il faut ajouter à cela deux belles réalisations que sont le « Sport Santé » depuis 2 ans et demi et « Prépasport » depuis 1 an : « Le Sport Santé permet à des gens isolés de pratiquer une activité physique sur ordonnance médicale et de lutter contre le diabète, l’obésité, les maladies cardio-vasculaires tout en créant du lien social. Tai-chi-chuan, athlétisme, natation, haltérophilie sont au programme et des clubs viennent de toute la France pour essayer de l’adapter ». Quant à Prépasport, il s’agit de favoriser la réinsertion professionnelle par le sport : Des jeunes de 16 en 25 ans, en rupture scolaire et qui ont souvent baissé les bras se voient proposer de la remise en forme physique et un suivi adapté : « 6 jeunes sur 12 du premier groupe ont un emploi aujourd’hui ! »

Une belle aventure humaine
Diriger une telle structure demande un vrai investissement de tous les jours, une participation aux Assemblées générales de chaque discipline : « C’est la plus belle entité sportive d’Aquitaine et sa direction m’a valu de belles rencontres et de grandes joies mais j’ai décidé de me limiter à deux mandats, même si je vais accompagner mon successeur autant qu’il le voudra sur les aspects de gestion, il faut du renouvellement. Je n’ai aucun regret. Sur le plan sportif, le foot, le ski, le badminton, le tennis de table et tant d’autres m’ont apporté de réelles satisfactions. Mais j’ai également aimé voir le rôle de plus en plus « sociétal » du sport : on pratique de moins en moins pour la compétition et de plus en plus pour le plaisir de se retrouver et de se remettre en forme. D’ailleurs, je déteste travailler seul car il n’y a pas de partage possible ».

Et demain ?
« Je ne passerai pas mes soirées sur mon canapé, c’est sûr! J’aurai à cœur de partager ce que j’ai appris. Mon successeur devra consolider ce qui a été entrepris, stabiliser les ressources financières et pérenniser les emplois qui permettent d’offrir des prestations de qualité et je suis prêt à l’aider dans son premier mandat. Quant à moi, je souhaiterais développer le Sport Santé dans les Landes. La France est un pays où on vit vieux mais souvent mal ; il faut pouvoir y remédier. J’ai également une autre casquette avec « Profession Sport Landes ». Mais surtout, je vais consacrer mon temps libre à ma petite fille et partager avec elle ma seconde passion, les voyages : j’ai vu 32 ou 33 pays dans ma vie. Et pour finir refaire du sport, Eric Saint Martin m’a fait une surprise pour mon départ: En un jour et demi, il m’a fait pratiquer la trentaine de disciplines du Stade montois. J’étais vermoulu. Alors après avoir consacré beaucoup d’années à du travail administratif, il est temps que je fasse bouger mon corps… »

Crédit photo : DR /
Journal Sportsland Landes n°217 du 27 novembre 2017

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