Judo – Lucile Duport – Championne de France 2017 (-48kg)

Lucile s’offre un beau cadeau d’anniversaire !

C’était il y a quelques jours à peine, le 18 novembre à Saint-Quentin-en-Yvelines. La Morcenaise Lucile Duport est devenue championne de France de judo, première division, dans la catégorie des -48kgs. Cette consécration nationale récompense une vie de persévérance et de sacrifices et entrouvre à Lucile la porte des Jeux de 2020. Aussitôt sacrée, la Landaise s’est envolée pour le Japon où elle participait le week-end dernier au Grand Slam de Tokyo.

Lucile Duport (2ème en partant de la gauche)

Un anniversaire en or !
C’est ce qu’on peut appeler un week-end bien rempli : Le 18 novembre un titre de championne de France et le 19 un gâteau d’anniversaire pour ses 27 ans. Face à Mallaurie Mercadier en finale, la Landaise Lucile Duport a conquis ce qui est peut-être à ce jour le titre le plus important de sa carrière. Et pourtant, ce ne sont pas les récompenses qui lui manquent : C’est vrai, on ne sait jamais quoi ramener de ses voyages à l’étranger ! Il faut que ça rappelle des souvenirs et que ça tienne dans une valise. Apparemment, Lucile a trouvé : des médailles ! Si l’on ne s’attache qu’à ces trois dernières années, c’est de l’or en provenance de Malaga, Casablanca, Glasgow, Tampere ou Orenbourg, de l’argent glané à Celje et Madrid, du bronze de Zagreb, Dubrovnik, Tunis ou encore Sarajevo. Déjà championne de France et d’Europe universitaires par le passé [Dans notre numéro de février 2012, on titrait déjà sur « la fierté du judo landais »] il faut comprendre ce que ce nouveau titre a d’important…

Son père se souvient…
Denis Duport, son père, nous explique : « Le championnat de France est vraiment particulier. Nous sommes une nation forte du judo et la 2ème ou 3ème de la compétition a déjà un niveau international. D’ailleurs les Françaises sont toujours sur les podiums. C’est un titre mérité, qui lui donne confiance suite à sa jolie carrière et après trois finales. Surtout, ce titre la positionne pour dans 2 ans. Une seule Française ira aux JO dans sa catégorie. Il faut tenir ! » Et tenir, Lucile connaît. Persévérante, perfectionniste, la Landaise s’est fixé un but très jeune : réussir dans le judo. Ceinture noire à 15 ans, elle a commencé ce sport vers 5 ou 6 ans pour suivre son grand frère. Repérée alors qu’elle était en 3ème à Morcenx, elle décide de quitter seule les Landes pour Bordeaux puis l’INSEP et Paris où elle est vit aujourd’hui. Sa force ? Sa volonté. Et ce depuis longtemps. Denis se souvient : « Cathy Arnaud, triple championne du monde était venue donner un cours dans un interclub. Elle avait choisi par pur hasard Lucile, toute débutante, pour simuler un combat devant les autres. À la fin, Cathy est allée voir M. Grammontin, son professeur de l’époque à Morcenx, pour lui faire part de sa (bonne) surprise : « Cette petite a une sacrée énergie. Il va falloir la suivre !! ». »

Deux blessures et toujours debout
La carrière de Lucile a en effet décollé mais ne s’est pourtant pas déroulée sans coups durs. Deux blessures au genou sont venues la priver par deux fois de deux grosses sélections, alors qu’elle avait à chaque fois atteint un nouveau sommet et tenait « une forme époustouflante ». Pas de quoi la faire renoncer pour autant, Lucile semble appliquer dans la vie ce qu’elle pratique sur le tatami : « Elle est persévérante, engagée dans ses choix. Je suis admiratif de son perfectionnisme, témoigne encore son père. J’imagine que ses blessures furent dues à des moments de fatigue après des périodes de grosse préparation ». Voilà un problème qui n’arrivera plus puisque Lucile a décidé de faire de la préparation sportive son métier.

Une carrière bien construite
Quand elle a décidé quelque chose, Lucile va jusqu’au bout. Il en va de même de sa carrière « extra-sportive ». Il faut savoir que beaucoup de judokas qui arrêtent le haut niveau se retrouvent en difficultés financières. Au cours d’une carrière réussie, on peut espérer quelques dédommagements mais seules quelques très grandes stars internationales peuvent en vivre décemment. La Landaise a donc passé successivement son bac S avec mention puis un Master et enfin un Diplôme de préparateur physique de l’INSEP qui lui permet d’employer son expérience dans le coaching personnel. Sa méthode pour en savoir plus sur : facebook.com/LucileDuportCoachingSportifPreparationPhysique/

L’esprit d’équipe
Bien que ce soit un sport de combat et donc très individuel, Lucile est très attachée à la notion d’équipe. Son père ne cache d’ailleurs pas que cette qualité fait sa fierté : « J’ai du mal à évoquer un « plus beau souvenir » quant à sa carrière. Il y a bien sûr les victoires mais je retiens surtout son comportement en équipe. Elle est vraiment force de motivation pour ses coéquipières et c’est ce qui m’a le plus ému. C’est quelqu’un sur qui on peut compter ». Il semble en aller de même face à ses adversaires. Lucile se montre discrète dans la vie et respectueuse sur le tatami. Très volontaire et dynamique quand elle enfile son kimono, la combattante reste attachée aux règles, à l’éthique, au comportement et réussit plutôt bien à n’être jamais violente sur le tapis. Probablement le bon air des Landes qui souffle souvent en sa direction.

Lulu et l’Océan
Car si la native de Dax vit à Paris et s’entraîne à Vincennes ou à l’Institut du judo, elle ne manque pas de venir se ressourcer très régulièrement dans la maison de ses arrières-grands-parents où vit sa famille. Très attachée à l’Océan, il semble que lorsqu’elle abandonnera la compétition, on devrait voir son retour sur Bordeaux puis Mimizan. Et qui sait ? Dans quelques années, ce sera peut-être une Lucile championne du monde et championne olympique qui choisira une jeune fille au hasard sur un tatami et se dira : « Cette petite a de l’énergie. Il va falloir la suivre ! »

Crédit photo : DR / I.GEIGER/FFJUDO
Journal Sportsland Landes n°218 du 11 décembre 2017

 

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