Découverte d’une discipline – La gymnastique aérobic

À Tarnos, la gym aérobic mène la danse

Hegaldi AST aérobic est un club qui progresse d’année en année et quasiment de mois en mois, dévoilant toujours un peu plus une discipline encore méconnue et en plein développement dans les Landes: la gymnastique aérobic. Nous vous présentions en avril de cette année le parcours de sa présidente-fondatrice, Julie Alonso, et plusieurs de nos numéros se sont faits les échos des gymnastes (c’est aussi un sport de garçons, même si on n’en a pas encore !). Il y a quelques semaines, c’est la jeune Alexia Silva, membre de l’équipe de France, qui a encore gravi une nouvelle marche en obtenant une médaille de bronze lors des championnats d’Europe en Italie. Focus sur une championne, une discipline et un club qui a visiblement trouvé la recette du succès.

Un club de copines
Voilà peut-être ce qui explique de si bons résultats : la passion partagée. Julie Alonso explique « Nous étions six copines au départ à vouloir trouver un compromis entre la gymnastique et le plaisir de la danse. L’aérobic répondait parfaitement à nos attentes. Et comme, encore maintenant, il faut aller soit à Hagetmau soit à Biganos (Gironde) pour pratiquer, nous avons décidé de monter notre propre association. C’était en 2004. Aujourd’hui, l’Hegaldi compte 150 adhérents et va depuis 2007 aux championnats de France chaque année. Ça marche plutôt pas mal… »

Des bénévoles inventifs
Seulement voilà, il ne suffit pas de déposer des statuts en préfecture pour qu’un club prenne son envol, surtout quand les résultats sportifs sont là. Avec une cotisation aux alentours de 100€ par an, le club doit compter sur des aides du Conseil général et de la municipalité de Tarnos mais et surtout aussi sur son inventivité pour remplir les caisses : Organisation de compétitions d’envergure comme en 2015 lorsque plus de 200 gymnastes du grand Sud-Ouest étaient venus à Tarnos, mais aussi vide-greniers, maquillages pour Halloween, vente de muguet, de gâteaux, de merguez… Les adhérents du club savent mobiliser toutes leurs ressources pour permettre à leurs jeunes pousses talentueuses de financer des déplacements lors des rencontres nationales mais surtout de préserver la philosophie du club qui revendique « l’accès du sport à tous ».

La gymnastique aérobic
Alors, la gymnastique aérobic, qu’est-ce que c’est ? De la gymnastique ou de la danse ? Eh bien les deux… C’est une discipline qui dépend de la Fédération française de gym mais qui n’est pas olympique, contrairement par exemple à la gymnastique artistique (anneaux, barres, sol, etc) à la gymnastique rythmique (avec cerceaux, ballons, massues, rubans) ou au trampoline. C’est une jeune discipline, arrivée tardivement dans notre région, dont l’objectif est de réaliser une chorégraphie en 1’20 en solo, duo mixte, trio ou équipe. Ce que ça développe ? À peu près tout à vrai dire… la musculation, le cardio, le sens musical, la technique et la souplesse, beaucoup la souplesse! Comme vous pourrez le constater sur le Facebook de l’Hegaldi Ast Aérobic même les poignets deviennent gymnastes à force de pratiquer. La musique est choisie en premier puis on crée les enchaînements en mélangeant des combinaisons de gym et de la chorégraphie dansée sur parquet dynamique de 12 mètres sur 12. Bonne nouvelle: La France est une nation reconnue dans ce sport.

Après Claire, Alexia !
En 2011, une jeune pousse du club, Claire Amestoy -devenue depuis 2016 entraîneur à l’Hegaldi- prenait la route de l’internat du Centre national à Aix-les-Bains et de l’équipe de France Espoir, ouvrant ainsi la voie à ses copines. Et il ne s’agit pas là que d’une façon de parler puisqu’elle a vraiment pu accueillir … « un phénomène » ! Julie Alonso se souvient : « Quand Alexia Silva est arrivée au club, on a tout de suite vu ses compétences. Elle avait des aptitudes physiques naturelles d’alignement, de souplesse, de force, de dynamisme, d’explosivité. Elle était naturellement douée et montrait des facilités étonnantes dès ses débuts. On lui a appris les bases ». Et un peu davantage… Née en 2001, Alexia est entrée à l’Hegaldi toute jeune, en 2008 : « Lors de sa première prestation, résidence Tarnos Océan pour le Téléthon, elle était intimidée et ne voulait pas monter sur scène ». Accompagnée en détection par son club en 2013 puis entrée au Pôle France en septembre de la même année, où elle a donc retrouvé Claire Amestoy, Alexia Silva est depuis 2016 pensionnaire du centre fédéral de Ceyrat/Clermont-Ferrand où elle est entraînée par l’ancien champion Gaylord Oubrier. Entrée par hasard en aérobic (les clubs de gym affichaient complets) elle y a visiblement pris goût : Médaille de bronze junior en groupe pour la première sortie internationale de sa nouvelle équipe lors des championnats d’Europe cette année, Alexia participera aux Jeux mondiaux en mai 2018 au Portugal. Tout est possible pour la suite, d’autant que le Portugal n’est pas si loin de Tarnos et qu’une délégation de supporters enthousiastes n’est pas du tout à exclure…

Alexia Silva avec l’équipe de France – 2ème à partir de la gauche

Des résultats spectaculaires
Car s’il faut bien entendu des dispositions naturelles pour atteindre les sommets dans un sport aussi exigeant, il est aussi nécessaire de trouver un club qui sache transformer ces talents en réussites. Au fil des championnats de France, nous avons évoqué -outre Claire et Alexia- Léa Lalande, Julie Papillon, Lorena Sanchez, Aurélia Zanon. Chaque année, l’Hegaldi, petite association de passionnées qui a atteint les sommets internationaux, s’y confronte sans rougir aux plus grands clubs de l’hexagone. Et l’histoire ne fait que commencer puisque Julie Alonso nous prévient: « Cinq petites sont en train de monter. Elles ont fait 4èmes aux championnats de France l’an dernier: Sofia Costumero, Inès Valverde, Luna Lescout, Maëva Cachenaut et Camille Gouaillard, même si à Hegaldi on met seulement sur les rails et qu’il n’y a pas d’obligation à faire de la compétition« . Peut-être suivront-elles le même schéma de détection que leurs deux aînées ? Elles auront en tout cas le soutien nécessaire. Et visiblement dans Sportsland, on aura encore l’occasion de vous en reparler !

Crédit photo : DR /
Journal Sportsland Landes n°218 du 11 décembre 2017

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