Stade Montois Rugby – L’analyse vidéo avec Raphaël Steyer

La double-casquette de Steyer

Perfectionniste à l’extrême, Raphaël Steyer décortique le moindre geste des joueurs afin de déceler la faille, même la plus infime. L’homme a déjà une longue expérience de technicien derrière lui, emmenant notamment le club de Limoges en Pro D2 en 2006 avec Marc Dal Maso, avec qui, il a rejoint le Stade Montois en 2008. Au sein du club, il occupe le poste d’analyste vidéo et seconde également Patrick Milhet, en tant que préparateur physique. Le Montois a donc plusieurs cordes à son arc, ce qui fait de lui, un élément indispensable aux bons résultats du club Jaune et Noir.

C’est avec ces multiples facettes que Steyer assure différentes tâches dont la fréquence varie en fonction de l’année. Ainsi, il s’occupe à 80 % de la préparation physique durant l’intersaison (période sans match), pour seulement 20 % d’analyse vidéo. Mais quand vient la reprise et les premiers matchs amicaux, ses missions d’analyste vidéo reprennent le dessus et occupent alors 60 % de son temps contre 40 % pour la préparation physique. Dans ce second rôle, il est l’adjoint de Patrick Milhet qui s’occupe du suivi du programme et de la bonne réalisation des exercices physiques. Sa charge principale s’articule autour de deux axes : maintenir une élévation constante des performances de l’équipe et préparer stratégiquement les matchs par rapport au jeu adverse. Pour se faire, le travail d’analyse vidéo est de taille, et entre les analyses des entraînements, des matchs de l’adversaire et du match en lui-même, il faut dire qu’il ne chôme pas : « Il faut entre 6 et 8 heures pour analyser notre match. Concernant notre adversaire, je consacre 1 à 2h pour analyser 5-6 de leurs matchs chacun. Durant la semaine, il y a le suivi de l’entraînement, on essaye de filmer deux entraînements : un entraînement des avants avec les touches et mêlées, et un entraînement collectif. On fait des retours sur ce que l’on a prévu de faire et l’évolution du comportement de nos joueurs. » Selon l’expert, il considère l’analyse vidéo comme un outil de communication et de gestion. « Cela permet d’identifier la mauvaise réalisation d’un geste technique ou l’erreur, qui est souvent liée à plusieurs personnes en même temps. Avec un groupe de 35 joueurs, il y a forcément des joueurs qui jouent moins que d’autres. Le joueur confrontait à une faiblesse, peut trouver cela négatif mais cela va être bon pour lui, car il va trouver des solutions pour ne plus reproduire cette situation. Et d’un autre côté, ceux qui n’ont pas joué, en tirent également un enseignement. C’est avoir les outils avant de rencontrer les problèmes », résume-t-il.

Des données poussées pour se perfectionner
Une activité qui commence dès le match par les images que capture le cameraman, Pierre Ley, avec qui il travaille depuis des années. « Ce n’est pas si simple de prendre des images et de repérer ce qui est important. On doit être capable de voir des détails et en même temps le mouvement global des joueurs et de le faire avec une caméra. Nous privilégions, à 90 % nos images, car même si on a accès aux retransmissions télévisées, cela n’a rien à voir : ils ont un objectif de spectacle, de montrer les actions importantes et ne retiennent que certains angles où on ne voit pas forcément toute l’action », révèle le technicien montois. Un système de « live » permet de récolter toutes les données statistiques et au côté de l’entraîneur Christophe Laussucq, de réaliser des retours sur le match qui se déroule. Tout ne pouvant pas être vu sur le terrain, la vidéo permet de revoir une phase de jeu, de savoir si les joueurs ont respecté les consignes des entraîneurs et s’il y a des ajustements à faire pendant le match. À la fin, les joueurs repartent avec une première analyse de faite. Ensuite, le spécialiste va rentrer dans les détails pour effectuer des analyses individuelles afin de pouvoir les communiquer aux joueurs dès le début de la semaine d’après.

La séance vidéo au même titre qu’un entraînement
L’analyse vidéo s’est largement professionnalisée et suit l’évolution des technologies, si bien que cet outil fait désormais partie du quotidien des rugbymen. Il est même étudié au Centre de formation. Les séances vidéo font partie de la préparation d’un match et permettent aux entraîneurs de mettre en place leurs projets de jeu. « En début de semaine, on travaille sur les montages de l’adversaire, sur leurs points forts et points faibles, leur façon de jouer. On étudie certains comportements de joueurs adverses. Les mouvements choisis lors des touches notamment. Et ensuite, on détermine comment nous allons jouer par rapport à leur défense. Chaque semaine, on a plusieurs séances de visionnage avec les joueurs. Il y a des retours et un nombre de séance différents selon les postes de chacun : « avants » ou « trois quarts ». La salle vidéo est également mise à leur disposition pour qu’ils puissent consulter les données que nous avons rassemblé, » affirme-t-il.
Ainsi, disséquer chaque élément pour faire la différence sur le terrain, n’est pas un exercice facile. Avoir dans ses rangs, un spécialiste de la trempe de Raphaël Steyer constitue, à n’en pas douter, une réelle plus-value pour le club.

 

Crédit photo : DR / Sportsland – Bernard Hennequin et Cyrille Vidal (portrait)
Journal Sportsland Landes n°221 du 5 février 2018

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