Handball Féminin N3 – Sonia Bonche

Une internationale à Mont-de-Marsan !

Le SMHB (Stade Montois Handball) va souffler 35 ans en 2018 et devrait célébrer cet anniversaire en montant en Nationale 2. La 4ème section de l’Omnisports montois compte 320 licenciés et ce simple constat pourrait suffire au bonheur de n’importe quel club. Mais la cerise sur le gâteau est venue en 2017 d’une nouvelle recrue de taille : Sonia Bonche, une joueuse professionnelle, ancienne gardienne de l’équipe de France, ancienne championne d’Europe junior a décidé de poser ses valises dans les Landes.

Simple comme un coup de fil !
Comment rendre un président heureux ? Il suffit parfois d’un simple coup de fil. En l’occurrence, pour Thierry Adoue, président du SMHB, ça s’est passé il y a quelques mois quand il a su que Sonia Bonche souhaitait devenir Montoise : « J’en suis très heureux ! Sonia a des stats de 14 à 15 arrêts par matches [NDLR : Et même plutôt 20 en ce moment !]. C’est une fille de 26 ans très mature, discrète et attachante, qui est venue dans les Landes pour des raisons sentimentales et qui va nous apporter beaucoup. Elle nous a rejoints sur un simple coup de fil avec notre coach, Cady Ciblac. Et quand on m’a dit qu’il y avait Sonia Bonche, une internationale, qui venait renforcer le collectif de l’équipe N3 féminine de Mont-de-Marsan, sans poser aucune condition, j’ai cru rêver ! »

« Un sacré parcours »
Depuis septembre, et après un an d’interruption pour cause de maternité, la désormais jeune maman a donc repris la compétition sous la bannière montoise. « Internationale qui a fait les championnats d’Europe et du monde en junior, elle a joué 4 saisons en ligue 1 à l’OGC Nice et a été championne de France de Pro D2. Elle a un sacré parcours! » poursuit Thierry Adoue qui confesse par ailleurs que l’athlète étant en reprise d’activité « elle ne joue probablement à l’heure actuelle qu’à 50% de son potentiel ; c’est une fille qui va nous apporter beaucoup dans les mois à venir. » Et de fait, après Toulon, Nice, Antibes et Cagnes-sur-Mer, la goal arrive sur nos terres avec une très grande expérience, acquise dès son plus jeune âge.

Le hand par accident
Native de Vichy dans l’Allier, Sonia a commencé sa vie sportive par le football à Arès (Gironde), avec de brillants résultats déjà, puisqu’elle a été jusqu’à frôler l’entrée en équipe de France féminine. Mais un problème de croissance à un genou à 9 ans l’a contrainte à arrêter pendant plus d’un an : « Lorsque le médecin m’a autorisée à reprendre le sport, il m’a conseillé dans un premier temps une activité qui ne demandait pas de beaucoup courir. Mes deux grands frères faisant du handball, j’ai essayé à l’UNSS au collège et puisque je ne pouvais pas courir, j’ai été dans la cage. » Quiconque s’est essayé un jour à ce sport sait que le ballon de hand est particulièrement dur. Et pourtant, la collégienne se lance sans appréhension : « De toute façon je n’avais pas le choix : je ne pouvais pas courir et il manquait une gardienne dans ce club. En plus, j’ai un grand frère qui m’a entraînée… en me tirant des « boulets de canon » avec sa force de garçon et en m’interdisant de fermer les yeux ou de me protéger. Merci Frérot ! »

Championne d’Europe
Sur les conseils de son entraîneur au collège, Sonia entre dans le club de Lège-Cap-Ferret dès l’âge de 10 ans et l’ascension de la gardienne commence : en intégrant le pôle de Talence, avec notamment Fred Balzac pour entraîneur, elle devient championne de France puis vice-championne du monde scolaire. Appelée en équipe de France juniors, elle conquiert le titre de championne d’Europe, son plus beau souvenir sportif : « J’avais 17 ans et ça a été une fierté de représenter mon pays et de l’emporter au final. »

Blessure et ras-le-bol
Championne de France avec Nice en Division 2 puis vice-championne de France en Nationale 2 avec Antibes, « Boncho » aime particulièrement sa discipline et son poste en particulier : « J’aime le hand parce que c’est un sport collectif mais en tant que goal je suis seule dans ma cage. Si je fais une bêtise, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. » Et pourtant, après quelques années passées sur la Côte d’Azur et malgré les succès, elle décide de lever le pied: « En 2013, j’ai eu une blessure bénigne, un kyste au genou, mais le chirurgien m’a loupée. J’ai eu 1 an et demi d’arrêt au lieu de 3 mois… » Elle rebondit néanmoins puis frise le burn-out en accumulant un emploi d’assistante commerciale dans la journée et les entraînements le soir. Lorsqu’elle tombe enceinte, pour son « bien-être personnel » Sonia choisit de traverser la France jusqu’à Mont-de-Marsan.

Une nouvelle vie à Mont-de-Marsan
Premier bilan au bout de quelques mois : « Les gens ici sont très accueillants. C’est la première fois que je joue au hand sans être payée mais j’ai choisi de profiter de mon bébé et de retrouver mon niveau. J’espère apporter mon expérience à l’équipe et pour l’instant la mayonnaise prend bien : je trouve franchement que le niveau de jeu est bon ici ! » Et on ne se refait pas, Sonia est une compétitrice (qui a repris son poste un mois après l’accouchement !) et compte bien gravir de nombreux échelons avec son nouveau club. Alors comme « dans le handball, ce sont les gardiens et les gardiennes qui font souvent gagner les matches » rappelle Thierry Adoue, il est très possible que Sportsland vous parle encore du SMHB dans de prochains numéros !

Crédit photo : DR /
Journal Sportsland Landes n°221 du 5 février 2018

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