Basket Landes – Marie-Michelle Milapie

La dynamique Milapie

Arrivée en 2014, Marie Michelle Milapie s’est véritablement révélée la saison dernière, après deux années assez difficiles. Elle est devenue aujourd’hui un élément incontournable de l’effectif landais. Une trajectoire dont les récentes prestations confirment l’ascension (11 points, 6 rebonds pour 15 d’évaluation en 18 minutes, lors de la courte défaite contre Bourges).

Il est désormais bien loin le temps où Milapie embrassait une carrière de judokate, et ce, dès l’âge de 4 ans. En effet, l’Amiénoise ne s’oriente que tardivement vers le basket puisque c’est en benjamines, au club d’Amiens Boves, qu’elle découvre ce sport. Un an après, elle rejoint le MABB (Métropole Amiénoise Basket-Ball), en minimes France, ainsi que le pôle espoir. Une précocité qui en dit long sur ses capacités, ce qui n’échappe pas à certains observateurs. Tout s’est très vite enchaîné : sélection avec l’équipe départementale, régionale, de zone, et même nationale, avant d’intégrer le Centre Fédéral, la finalité de l’apprentissage du haut-niveau. « L’INSEP fut les trois meilleures années de ma vie, humainement et sportivement parlant. On est vraiment dans un cocon : on a tous le même objectif, le lieu est magnifique, tout est fait pour que l’on réussisse. Quand tu arrives à 15 ans, tu quittes ta famille et tes amis. Tu dois faire énormément de sacrifices. Il y a forcément des moments un peu difficiles, mais heureusement, je n’ai eu qu’une seule grosse blessure qui n’a duré que six semaines », confesse Milapie qui a dû se séparer de sa grande famille, dont ses neuf frères et sœurs. À l’INSEP, comme pour beaucoup d’autres jeunes de la pépinière de formation, son rêve de percer dans le milieu s’affirme. « Chaque année, on avait des billets pour assister à l’Open LFB et à chaque fois, j’étais impressionnée par l’événement. Je me disais que je voulais à tout prix y participer à mon tour », se remémore la joueuse de 22 ans.

Un rêve qui devient réalité
Pour lancer sa carrière professionnelle, elle garde notamment trois projets en tête, à savoir Charleville-Mézières, l’ASVEL Lyon et Basket Landes. Son choix se tourne logiquement vers ce dernier club. « On me disait que tous les éléments étaient réunis pour se sentir bien ici. J’avais vu des vidéos des matchs à Saint-Sever et j’ai choisi ce club pour l’ambiance qui y régnait », se rappelle la joueuse qui, à cette époque, venait de terminer son cycle de 3 ans à l’INSEP. Elle s’apercevra vite que la rumeur disait vrai et considère maintenant ce club comme sa « deuxième famille ». « Quand je suis arrivée, j’ai été tout de suite mise à l’aise par Olivier Lafargue et Jean-Michel Moré (les deux coachs qui étaient en place jusqu’à la saison dernière). C’est ma quatrième année, et je me sens toujours aussi bien. Il y a vraiment un esprit familial et l’ensemble des personnes du club ne forme qu’un », s’enthousiasme celle que tout le monde au club surnomme affectueusement « Michou ».

Deux saisons d’acclimatation
En venant dans les Landes, le challenge était de taille car elle devait notamment faire face à la concurrence de Danielle Page, une Américaine naturalisée Serbe, championne d’Europe en 2015, au club de 2013 à 2015. « Je savais que je n’allais pas trop jouer avec les pros, mais qu’au moins j’allais progresser. Dans le même temps, ce n’était pas plus mal car je jouais avec les espoirs », reconnaît-elle. Deux premières saisons où Milapie fait des apparitions épisodiques jusqu’à la signature de son premier contrat professionnel lors de la saison 2016/2017. En grappillant les minutes, elle réussit à se faire une place à part entière au sein du groupe bleu et blanc. Cette saison la poste 4/5 émarge à 5,26 points et 4 rebonds de moyenne, en seulement 19 matchs joués. Des statistiques un peu en deçà de l’exercice écoulé où la joueuse tournait à 6,3 points et 4,3 rebonds en 29 rencontres, mais qui restent cependant tout à fait respectables. « Les deux premières années étaient un peu compliquées, c’est vrai, mais depuis que j’ai signé mon premier contrat pro la saison dernière, j’ai vraiment repris confiance en moi. J’ai pu m’exprimer un petit peu plus chaque année. J’ai plus de temps de jeu donc je peux montrer plus facilement de quoi je suis capable. Je fais maintenant partie intégrante de l’effectif et je suis assez contente de l’ascension que j’ai faite au sein du club ».

Une aventure tricolore
Plusieurs fois appelée en équipe de France jeunes, elle remporte deux médailles d’argent à l’Euro 2013 et 2014 avec les U18. Les mêmes années, la joueuse d’1m92 se fait également repérer pour ses qualités d’intérieure mobile, ce qui lui vaut d’être sélectionnée en Équipe de France 3×3 U18. Cette discipline montante se pratique à trois joueurs contre trois et fera son apparition aux J.O. de Tokyo en 2020. « Je pense que j’ai un profil intéressant pour cette discipline. C’est différent du 5×5, le 3×3 permet vraiment d’améliorer ses qualités individuelles. Je vais me donner à fond, si on m’appelle de nouveau ». Une expérience particulière que Milapie semble apprécier, loin devant l’équipe de France A’ (lancée en 2016 pour faciliter la transition des U20 vers l’équipe de France A). L’été dernier, elle y avait remporté l’été dernier la médaille d’or des Jeux de la Francophonie, en disposant du Canada en finale (73-53). « Après avoir raccroché des équipes de jeunes, cela m’a permis de retrouver les sélections et de jouer contre des bonnes joueuses plus âgées que moi. C’était une bonne expérience, mais le niveau basket restait assez mitigé », avoue-t-elle.
Avec un tel épanouissement en club, on ne peut que lui souhaiter de vite retrouver le maillot tricolore…

Crédit photo : DR / Sportsland – Bernard Hennequin
Journal Sportsland Landes n°225 du 3 avril 2018

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