U.S.DAX Rugby Landes – Autour du match

Dans les coulisses du stade Maurice Boyau

Il y a des périodes où il vaut mieux regarder ce qui se passe en dehors que sur le terrain. C’est ce que nous avons fait en nous intéressant à tous les préparatifs, notamment techniques, d’un match de Pro D2. C’est un théâtre d’actions surprenantes qui nous fait penser que peu de personnes se rendent vraiment compte de la charge de travail qui en incombe, là où beaucoup de personnes s’affairent. Notamment pour répondre aux besoins techniques d’un domaine devenu central de cette sorte de rencontres : la diffusion TV. Immersion au cœur d’une semaine de préparation. Attention, silence, ça tourne…

C’est un lundi matin d’apparence très commune sur la cité thermale, mais du côté du Stade Maurice Boyau -champ de bataille de l’ U.S.Dax Rugby Landes- certaines personnes s’agitent plus que de coutume. C’est une semaine particulière car l’équipe fanion jouera jeudi soir, sort privilégié réservé au match d’ouverture d’une journée de Pro D2. Un détail calendaire pour certains, mais une véritable donne organisationnelle pour d’autres. Cela induit un jour de préparation en moins, mais surtout, une diffusion du match en « prime-time » avec tout ce que cela engendre. En effet, le niveau d’exigences du diffuseur est élevé, et impose pas mal de contraintes techniques pour la structure qui accueille. Pour illustration, le cahier des charges du label « stade de la LNR » (Ligue Nationale de Rugby) distribue un nombre de points important pour les thématiques « média » et « diffuseur ». Et le côté sportif, me direz-vous ? Un élément de réponse vient de l’intérêt de ce label qui permettra au club de recevoir un pourcentage…des droits TV. On y revient donc ! Pour ceux qui tombent encore de leur arbre, vous comprendrez donc qui tire les ficelles dans ce joli monde, et vous comprendrez aussi pourquoi toutes les modalités d’organisation ne sont pas prises à la légère. Entrons dans le détail.

Le travail de l’ombre
Comme souvent, le premier à s’agiter, c’est Michel. Habitué des lieux et de ses coulisses, ce technicien polyvalent sait exactement où passe chaque fil du stade. Dès le début de la semaine, son travail commence : il vérifie l’ensemble des connectiques, il répare, teste les différents branchements, et prépare le terrain avant l’arrivée de la cavalerie du jeudi matin. Non loin de là, il en va de même pour toutes les petites mains qui préparent le match : à la boutique, à la billetterie et au service de communication. Sans oublier les préparatifs sportifs ainsi que le traiteur qui organise quant à lui les réceptifs de l’espace Rouge & Blanc. A la baguette de tout ce remue-ménage, Jean-Marc, directeur administratif du club, qui se doit d’avoir un œil sur chaque élément de toute cette préparation. Pour orchestrer tout ce petit monde, il faut avoir acquis beaucoup de connaissances. Ça tombe plutôt bien, car après de longues années de bons et loyaux services, ce travailleur de l’ombre maîtrise sur le bout des doigts sa partition. Alors le téléphone chauffe, les jambes fonctionnent et la cafetière fume de temps en temps, car tout ne se passe bien évidemment jamais comme prévu, mais fort de son expérience et surtout de sa connaissance des lieux, Jean-Marc trouve toujours les bonnes notes pour régler cette grosse boîte à musique que deviendra Maurice Boyau le soir du match.

En marge du match
Le jour J est enfin arrivé, et Michel passe la « surmultipliée » : il finit quelques câblages, règle le programme de l’écran géant avant d’installer les chronomètres spécifiques de match, mis à disposition par la ligue. C’est un vrai ballet que nous propose ce technicien « à tout faire » qui court partout, réglant les problèmes de chacun les uns après les autres. Son, image, score, panneaux LED : rien n’a de secret pour lui, dans ce stade dont il est devenu l’un des garants pour la fameuse « mise en musique ». Mais le gros du travail commence surtout quand arrive « l’artillerie lourde » : diffusion en direct sur CANAL+ Sport oblige, le convoi du diffuseur qui débarque à Boyau ne compte pas moins de 2 semi-remorques énormes et d’un camion satellite. Une sorte de fourmilière médiatique, dont toutes « les ouvrières » se mettent en action, dès le frein à main serré : tirage de câbles, installation des caméras, préparation de l’espace commentateurs…ça part dans tous les sens ! Michel, toujours au four et au moulin, fait le lien entre tout ce beau monde car il faut alors faire passer l’image jusqu’à sa régie et jusqu’à la zone technique du staff sportif. Un gros boulot de finalisation de la « scène sportive » abattu en quelques heures par tous ces experts média.

Le spectacle se termine dans le camion « régie » et ses plus de 40 écrans, où le producteur finalise les derniers réglages de sa fourmilière. Pendant ce temps, Jean-Marc, qui vient d’accueillir les 9 arbitres du match, supervise encore et toujours ce travail de l’ombre : il briefe le service de sécurité, contrôle les dernières livraisons et inspecte le travail des hôtesses venues installer les sièges. L’heure du match approche, il est l’heure pour lui de se rendre dans les vestiaires, pour vérifier les derniers détails et organiser la sortie des joueurs. Le coup d’envoi donné, chacun est à son poste et le cœur du travail commence. Certaines fourmis ne voyant même pas le match. D’autres, comme Jean-Marc, se débrouillant toujours à jeter un œil à la seule chose qu’il ne contrôlera pas ce soir : le sort de son équipe de cœur. Le match fini, le stade se vide mais les premiers arrivés repartiront aussi les derniers car il faut désormais tout ranger.

Une fois de plus, ils auront fait le travail : « la boîte à musique » a bien marché mais, malheureusement ce soir, au profit de la mélodie d’une défaite. Nouvelle désillusion qui fera perdre beaucoup, à beaucoup de monde, y compris « la boîte à musique de Boyau ». Celle-là même qui perdra tout son intérêt au même moment que sa place en Pro D2. Mais à mauvais sort faisons plutôt joyeux présage. Restons convaincus qu’il n’est jamais grave de ne plus entendre cette musique, l’espace d’une saison. Le plus important étant de garder la bonne partition, pour simplement s’assurer de pouvoir la rejouer un jour.

Crédit photo : DR / Sportsland – Rémy Larrouy
Journal Sportsland Landes n°225 du 3 avril 2018

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *