Connaître et Reconnaître – Tous les bénévoles !

Des passionnés avant-tout !

Ils sont dans l’ombre ou dans la lumière, à la manœuvre, derrière les filets, dans les gradins, dans les vestiaires, au volant des fourgonnettes ou dans les conseils d’administration. Ils sont ceux qui cherchent les subventions, ceux qui trouvent les idées, ceux qui se lèvent tôt, ceux qui se couchent tard, ceux qui nettoient les salles, ceux qui font deux journées en une, ceux qui résolvent les problèmes. Ils sont ceux qui forcent l’admiration, ceux dont on se souvient, ceux dont on ne peut pas se passer et ceux que l’on regrette. Ils courent, font courir, comptent, innovent, dirigent, nagent, rament parfois (souvent !) et nous vous les avons présentés au fil des mois dans cette page qui nous tient à cœur : celle du bénévole, des bénévoles !

Au fil des numéros, nous en avons rencontré des dizaines, voire des centaines à qui, en général, on a du mal à ne consacrer qu’une page, tant leur vie est foisonnante. Pourquoi… Pourquoi continuent-ils à aligner des colonnes de chiffres, à encourager des générations de sportifs, à enchaîner les kilomètres, à se former, à apprendre de nouvelles règles, à ne jamais jeter l’éponge, malgré les difficultés ? Ni pour l’argent (inexistant), ni pour le pouvoir (très limité), ni pour la reconnaissance (rare), mais pour une raison qui dépasse toutes les autres : la passion ! « Nos » bénévoles sont des hommes et des femmes passionnés par ce qu’ils font. Alors juste pour le plaisir, retour sur quelques visages croisés au cours des derniers mois. Ils montrent la richesse du sport landais et –bien qu’ils s’en défendent– nous donnent souvent des leçons de persévérance et d’altruisme, enfonçant au passage quelques clichés tenaces.

Ils sont vieux !
Cliché numéro 1. Certes, il est vrai qu’il est plus facile de consacrer quelques heures chaque semaine, voire même quelques heures par jour, quand on est libéré professionnellement que lorsqu’on est en activité avec des enfants dont il faut s’occuper. Et pourtant Julie Alonso qui mène la gym aérobic à Tarnos (notre n°218) est encore loin de la retraite. Bernard Duroure, vice-président de la fédération française de canoë-kayak (n°224) a lui commencé à s’investir à l’âge de 25 ans et n’a jamais arrêté. Céline Luce, trésorière de la section ski du Stade montois (n°216) gère en même temps sa société. Jean-Pascal Berniolles, instructeur fédéral et l’un des judokas les plus gradés de France (n°215) a atteint ce niveau, avant même de prendre sa retraite. Le bénévolat peut se pratiquer à tout âge et comme le rappelait Michel Dupin, ancien président du comité départemental de natation (n°223), quand on aime un sport ou quand on y accompagne ses enfants, « au lieu d’avoir le sentiment de perdre son temps, autant servir à quelque chose ».

Ils n’ont rien à dire…
Le cliché numéro 2 est souvent véhiculé par les intéressés eux-mêmes. Lorsque nous contactons un bénévole (souvent parce qu’un lecteur nous en a parlé en nous révélant tout ce qu’un club ou un sport lui devait) nous nous retrouvons face à une personnalité modeste qui veut bien nous faire plaisir et répondre à nos questions mais ne voit pas bien en quoi sa vie peut nous intéresser. Généralement une heure après, nous avons noirci dix pages de notes bien difficiles à résumer en quatre ou cinq paragraphes. Certains sont des « archives vivantes » qui ont non seulement vécu l’arrivée de certaines disciplines sportives dans notre département, mais les y ont parfois même implantées ! C’est le cas de Philippe Camiade, président de l’Etoile sportive montoise (n°214) qui a créé le comité départemental de gymnastique, de Michel Turck qui a modernisé (au niveau national !) la fédération de tennis de table (n°220) en partageant sa passion de l’informatique, ou encore de José Laborie dont les souvenirs de judo, de lutte et de sambo (n°219) nous ont ramené à une époque où il créait les premiers clubs de l’est landais, au gré de ses déplacements professionnels.

Ils n’ont que ça dans la vie !
Avec Serge Maujean, du comité de badminton (n°213), nous avons évoqué les plages de Normandie, la course automobile, mais aussi le cabaret parisien de Michou ! En nous accordant une interview, Jean-Jacques Crabos, le passé président du Stade montois omnisport (n°217), évoquait non seulement son activité de banquier, mais aussi ses projets dans le « sport santé ». Bernard Dupin, vice-président du CDOS et promoteur de l’intégration des handicapés (n°222), œuvre à mettre en place un challenge inter-entreprises. Si l’on doit tirer un enseignement de nos échanges avec les bénévoles, c’est que leur passion porte certes, parfois, sur un sport mais généralement, ce qui les motive, ce sont les rencontres et le partage. Et contrairement à une idée reçue, ils ne sombreraient pas dans une profonde dépression si on leur retirait leur poste, puisqu’ils débordent d’idées et multiplient les projets.

Ils s’accrochent à leur place !
D’ailleurs, après 30, 40, 50 ans de vie associative, ils « savent faire » et sont flattés qu’on ait besoin d’eux, nous direz-vous ? Que nenni ! « J’ai décidé de me limiter à deux mandats. Il faut du renouvellement ! » nous disait Jean-Jacques Crabos. « Il faudra bien faire sans moi : j’arrête dans deux ans » prévenait José Laborie. Et en effet, tous ont souvent répondu aux pressantes sollicitations de leur entourage, souvent heureux de le faire, parfois un peu contraints, mais tous ont aussi à cœur de passer le relais, de transmettre un savoir-faire, de n’être qu’un maillon dans une chaîne qui tend vers l’avenir. De nos entretiens avec les bénévoles du sport landais, nous retenons cette belle leçon : un des buts de la vie est le partage et la pratique sportive permet sans conteste d’améliorer à la fois sa santé et la société !


Crédit photo : DR /
Journal Sportsland Landes n°225 du 3 avril 2018

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